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Bertrand Cannelle
De nos jours, la surveillance d’ouvrage par tachéométrie nécessite, dans la plupart des cas, la pose de nombreux équipements, cibles, prismes ou autres repères. Est-il possible de s’affranchir de cette matérialisation qui peut être couteuse, difficile et longue à mettre en place ? Dans le but d’obtenir des réponses à cette question, des tests ont été réalisés sur plusieurs ouvrages tels que le Pont sur l’Eau Noire (VS), l’Abbatiale de Payerne (VD) et la falaise d’Hauterive (FR). Sur le premier ouvrage, des mesures tachéométriques ponctuelles et directes sont réalisées tandis que pour les deux autres sites, les déplacements sont détectés suite à des numérisations 3D via scanners laser.
Les précisions obtenues varient principalement en fonction du mode opératoire utilisé et de l’état de la surface. Sur des ouvrages réguliers en béton, des variations de quelques millimètres sont détectables. Par contre sur une surface naturelle comme une falaise, une finesse de 1 à 2 centimètres au maximum est atteignable en raison de la végétation et de la structure de la roche. Pour fiabiliser les mouvements soupçonnés sur des secteurs encombrés par la végétation, la photographie est un appui important et une aide à la décision très intéressante.
Le Québec et la Suisse ont un en commun d’être des producteurs d’hydroélectricité, d’où la présence sur leur territoire respectif d’ouvrages d’art importants. Fort de cet exemple, l’auscultation de ceux-ci est essentielle pour l’optimisation de l’exploitation des barrages et les constructions liées à leur exploitation. Ce constat peut être généralisé à d’autres types d’infrastructures (pont, tunnels, ports, etc). Tous ces ouvrages sont aussi exposés à des perturbations et aléas climatiques, qui peuvent les affecter.
Ces ouvrages d’art et leurs abords doivent régulièrement être contrôlés géométriquement afin de détecter d’éventuelles déformations. C’est le but de l’auscultation qui soulève des problématiques d’acquisition, de traitement, de gestion et de représentation de gros volumes de données géolocalisées.
Les technologies de la géomatique ont considérablement évoluées ces dernières années du fait de l’apparition de nouveaux systèmes de mesures, tels les scanners lasers, de logiciels et de l’augmentation considérable de la capacité informatique, notamment pour le stockage et les opérations de calcul. Les méthodes d’auscultation d’ouvrages d’art suivent également cette tendance, cependant, de nombreux développements restent encore à faire dans ce domaine de la géomatique.
Ce colloque a donc pour but principal de mettre en commun l’état de l’art en Suisse et au Québec quant aux techniques photogrammétriques, lasergrammétriques, bathymétriques, GPS dans l’auscultation d’ouvrage et de milieux naturels, ainsi que des méthodes de calculs et de représentation associées. Cet échange transatlantique sera d’autant plus fructueux que les méthodes varient également d’un pays à l’autre pour différentes raisons (habitudes de travail, réglementation, topographie, connaissance du géoïde, densité de stations permanentes, climat, etc). Il sera ainsi profitable à tous de découvrir les points de vue suisses et québécois ainsi que de remettre en cause nos pratiques.