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Martine Vézina : HEC Montréal
L’objectif de notre recherche est de montrer, en adoptant une approche réseau, comment une entreprise sociale (ES) participe à la prolifération des innovations sociales (IS) génératrices de transformations sociales. Elle vise éclairer, à travers l’analyse de Centraide du grand Montréal (CDGM), l’impact que pourrait avoir une ES structurée en réseau sur son rôle dans l’écosystème d’IS. Elle est basée sur cette hypothèse: la structure réseau des ES pourrait contribuer à la prolifération des IS transformatrices des territoires qu’elles desservent.
Le lien entre la collaboration en réseau et l’IS est souligné dans la littérature (Weber et al., 2017). Les collaborations interorganisationnelles semblent être au cœur de l’IS. Celle-ci est même définie par son processus collectif et participatif (Lévesque 2011; Harrisson et Boucher, 2011). Notre recherche vise explorer explicitement ce lien.
Le cas que nous étudions est unique et représentatif; CDGM mobilise une diversité de parties prenantes et joue un rôle de leader dans l’émergence de nombreuses IS. Son modèle d’affaires inclusif reposant sur des processus collaboratifs sous-tend le développement de capacités de réseautage spécifiques dans le processus de co-construction d’IS. Notre analyse porte sur trois points : 1/montrer que CDGM est une entreprise réseau; 2/ identifier certaines IS développées par cette fondation pour la positionner comme acteur générateur d’IS; 3/ établir le lien entre l’entreprise réseau et l’IS.
Il s’agit d’analyser les innovations sociales (IS) face aux défis écologiques et aux inégalités sociales par la réflexion sur le lien entre des expérimentations locales, réalisées dans des milieux de travail, des entreprises collectives ou des organismes de la société civile, et le développement des territoires et la transition sociétale:
Dans quelle mesure des IS menées localement peuvent-elles changer les modes d’action en développement territorial et influencer les politiques publiques et insuffler une transition sociétale?
Quels défis accompagnent la croissance des organismes, en termes de taille, de mandat, d’échelle d’activité ? Dans quelle mesure la croissance des organismes participe-t-elle à la transition sociétale ? Comment les processus d’institutionnalisation des IS, entendue comme pérennisation et systématisation, parfois via des politiques publiques, renforcent ou fragilisent les expérimentations locales ?
Quels liens établir entre les expérimentations pour contrer les inégalités entre territoires ?
L’ancrage des IS dans un territoire est souvent vu comme une condition nécessaire, pour s’appuyer sur ses spécificités, ses ressources (sociales, culturelles, économiques), sa « résilience ». Mais les territoires sont très inégalement dotés. Sans un mécanisme d’équilibre plus global, ne risque t’on pas d’exacerber ces inégalités, voire cette concurrence, entre territoires ? A contrario, quels modes de transfert et de circulation des pratiques et savoirs entre les territoires pourraient diminuer ces inégalités ?
Comment définir des arbitrages et principes communs, par-delà l’émiettement des initiatives locales, en vue d’une transformation sociale ?
Le déploiement des IS se fait parfois en invoquant des principes de justice sociale, d’urgence environnementale ou d’exigence démocratique. Ce sont à la fois des principes importants, mais souvent assez flous. Du point de vue conceptuel comme de la pratique, dans quelle mesure peut-on articuler ces principes ?
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