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«Colonialité» dans la formation des enseignants et la scolarisation dans le contexte mapuche, Chili

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Segundo Enrique Quintriqueo Millán : Universidad Católica de Temuco

Résumé de la communication

La communication explore les problèmes suivants : (1) la ‘colonialité’ des savoirs et des personnes propre à l’institution scolaire ainsi qu’à la formation des enseignants; (2) la monoculturalité euro centrique occidentale qui caractérise la culture scolaire; (3) le racisme biologique et épistémique présent dans le milieu éducatif et social et (4) la méconnaissance du patrimoine socioculturel mapuche de la part des enseignants, inhérente à la formation reçue. Ces problèmes fondent et soutiennent les processus d’invisibilisation des savoirs et des connaissances éducatives mapuches dans la scolarisation. Par ailleurs, une pratique éducative familiale s’observe dans les communautés mapuches. Fondée sur la pensée éducative élaborée dans la mémoire sociale des kimches (sages), en lien avec leur territoire d’appartenance, elle est transmise selon une logique propre à la formation des personnes. Nous proposons une discussion critique des potentialités de l’éducation interculturelle à remplacer progressivement l’éducation monoculturelle à caractère colonial en contexte mapuche. Le but visé est la progression d’une éducation interculturelle et d’une interculturalité de fait, en tant que proposition éthique, épistémique et politique, dans une perspective décoloniale privilégiant l’articulation entre les connaissances et les savoirs mapuches et scolaires.

Résumé du colloque

Les données statistiques de la scolarisation des jeunes Autochtones au Canada indiquent que la majorité d’entre eux n’accèdent pas à la réussite au même niveau que les autres Canadiens et Québécois (Statistique Canada, 2016). La commission Vérité et réconciliation (2015) remet en question les systèmes éducatifs coloniaux. Elle appelle à la décolonisation de l’éducation par la transformation de ces systèmes à la faveur des élèves de culture et d’identité autochtones. Agir dans une perspective de décolonisation requiert des actions fondées sur la reconnaissance de l’égalité de tous les humains dans leur différence sociale et culturelle.

Si une pratique de décolonisation de l’éducation en milieu autochtone se développe depuis une trentaine d’années au Québec (Canada), en Araucania (Chili), un projet d’éducation interculturelle s’inscrit à l’agenda depuis aussi longtemps. Les fondements de la démarche sont éthiques, politiques et épistémologique. Les discours et les pratiques peuvent être examinés selon trois perspectives : 1) une perspective de droits en référence à la Déclaration des droits des peuples autochtones, qui affirme l’égalité des droits dans la différence; 2) une perspective épistémologique qui met en évidence la réalité particulière de deux épistémès, l’un autochtone et l’autre euro-occidental; et 3) une perspective d’interculturalité : les acteurs en situations reconnaissent l’égalité des savoirs et connaissances en présence, dont le mode de construction, de transmission et d’acquisition fait référence à une culture particulière. Ces mêmes acteurs cherchent également à coconstruire un dialogue.

Dans une perspective de décolonisation, la réussite éducative et scolaire de tous les jeunes, autochtones et non autochtones, justifie et guide les prises de décision et les actions de tous les acteurs à tous les échelons institutionnels. Ce colloque propose d’expliciter le sens et d’explorer les défis de la décolonisation de l’éducation au Canada et au Chili.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
Discutant-e- de la session : Jacques Kurtness
section icon Date : 8 mai 2018

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