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Comment les entretiens collectifs saisissent-ils des identifications collectives ? Les leçons d’une enquête dans une association de solidarité accueillant des populations en situation de précarité sociale

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Caroline Arnal : Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

Résumé de la communication

La littérature sur les entretiens collectifs a depuis longtemps défendu l’intérêt de cette méthode pour étudier des populations marginalisées ou minoritaires. En suscitant une dynamique de groupe, ce type d’entretiens contribuerait en effet à construire une expérience commune et une forme d’identification à un « nous », susceptible de réduire l’asymétrie de la relation enquêteur/enquêté. S’appuyant sur cette littérature et sur une enquête sur la participation politique et citoyenne de personnes en situation de grande précarité accueillies dans une association de solidarité parisienne, cette communication s’attachera plus spécifiquement à saisir les effets des choix méthodologiques sur les dynamiques d’identification collective de cette population. Dans un premier temps, nous montrerons que la réalisation de ces entretiens collectifs (mode de recrutement, cadre et dynamique de la discussion, etc.) a permis l’émergence d’une identification à un « nous » forgé à partir du cadre associatif et centré sur un modèle familial de protection et de dépendance. Dans un deuxième temps, nous mettrons en lumière les freins à l’expression à la fois d’une identification collective construite autour de la catégorie de précaires et de logiques d’action collective et d’émancipation. Nous soulignerons, en particulier, la manière dont les choix d’animation et de scénario ont permis de rendre visibles les divisions liées à des expériences diverses de la précarité ou à des désaccords politiques.

Résumé du colloque

Depuis sa création, l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) participe à la compréhension des phénomènes sociaux en mobilisant une réflexion autour de considérations théoriques et épistémologiques relatives aux méthodes qualitatives. Les colloques qu’elle a organisés ont affiché une sensibilité aux contextes, aux conjonctures et, surtout, aux acteurs sociaux auprès desquels les chercheurs qualitatifs exercent leur métier. Pour cet événement, l’ARQ veut poursuivre une réflexion portant sur les investigations auprès de populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, soit un axe privilégié du Centre d’étude et de recherche sur les transitions et les apprentissages (CERTA), organisme auquel elle s’associe. Le spectre des populations, familles ou encore organisations qualifiées de vulnérables est large : il peut s’agir de personnes en situation de précarité, de jeunes sans emploi, d’individus ou de familles issus de groupes ethniques minoritaires, de personnes en situation de handicap, de minorités sexuelles, d’aînés, etc. La notion de vulnérabilité est vue comme étant relative, cumulative et multidimensionnelle (Armoogum et al., 2012; De Luca Barrusse, 2012). Faisant écho aux notions de précarité, d’exclusion et de désaffiliation (Castel, 1995), elle devient le produit de processus qui s’inscrivent dans le temps et qui sont truffés de transitions et de bifurcations biographiques (Bourdon, Cournoyer et Charbonneau, 2012; Châtel et Soulet, 2003).

Ce colloque vise ainsi à réfléchir aux ajustements mutuels et influences réciproques entre chercheurs qualitatifs et populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, afin d’examiner comment ils s’influencent mutuellement. Comme axes de réflexion, nous proposons aux contributeurs la définition de l’objet de préoccupation mutuelle; la négociation des positions et des identités; la disponibilité au terrain d’enquête; et, enfin, les considérations éthiques et les conséquences sociopolitiques.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 8 mai 2018

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