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Yamina Bouchamma : Université Laval
L’effectif de l’immigration est en constante augmentation au Québec, passant de 9,9 % en 2001 à 12,6 % en 2011 (Gouvernement du Québec, 2017). Cette situation n’est pas sans conséquence sur les écoles hors de la grande métropole qui sont souvent aux prises avec un nombre plus restreint d’élèves issus de l’immigration, réfugiés, allophones et non scolarisés. Ces écoles sont confrontées du même fait à un manque de structures et de ressources humaines et matérielles appropriées. Or, quel que soit le cas, les équipes-écoles et les directions doivent adapter leur agir professionnel à la diversité ethnique des élèves (Conseil supérieur de l’éducation du Québec (2017). Ce faisant, cette communication s’interroge sur les compétences des directions pour gérer les défis de la diversité ethnique. Des directions d’écoles primaires et secondaires (N = 17) hors de la métropole ont été interviewées sur les défis qu’elles rencontrent dans leur quotidien et sur leurs compétences. Les données ont été analysées selon les principes de l’analyse thématique (Paillé et Mucchielli, 2016) en se basant sur les quatre ordres de compétences professionnelles du MELS (2008). Les résultats montrent l’importance de la collaboration entre l’équipe-école, les élèves, les parents et la communauté. La discussion porte sur les compétences et le développement professionnel des directions en vue de favoriser l’inclusion de ces apprenants, d’accroître la sensibilité interculturelle et d’éliminer la discrimination.
La diversité des acteurs de l’éducation (origine ethnoculturelle, langue, religion, capacités physiques et intellectuelles, sexe, identité de genre, orientation sexuelle) est une richesse que plusieurs ministères de l’Éducation reconnaissent (MECB, 2008; MEO, 2009; MEQ, 1998). Cette diversité à célébrer suppose des interventions qui visent l’inclusion et l’équité de tous de même que l’élimination de la discrimination (CSE, 2016; UNESCO, n.d.). Dans ce contexte, Pietrantonio et Bouthillier (2015) affirment que « […] la notion de diversité accompagne toujours la sémantique des inégalités et des hiérarchies sociales » (p. 164) et que, dès lors, « comprendre l’hétérogénéité sociale pour faire valoir la diversité » devient un défi pour les organisations éducatives. Pour leurs gestionnaires, cela implique qu’ils ont un rôle à jouer (Thibodeau et al., 2016), des compétences à développer (Bouchamma, 2016) et un leadership à démontrer (Archambault et Garon, 2013). Sans oublier que cette diversité peut engendrer des enjeux de nature éthique qu’aucun gestionnaire ne devrait ignorer (St-Vincent, sous presse; Langlois, 2008). Devant cette réalité socioscolaire, la pensée libre peut éclairer l’administration de l’éducation, que ce soit sur :
1) le rôle, les compétences et le leadership des gestionnaires dans différents contextes éducatifs (rural et urbain, francophone minoritaire, autochtone, appauvri) ou par rapport à divers acteurs (parents, enseignants, élèves et étudiants);
2) les enjeux avec lesquels les gestionnaires doivent composer (arrivée massive de réfugiés, racisme systémique, droits des enfants transgenres, langues d’enseignement, inclusion des élèves ayant des besoins particuliers, rapports intergénérationnels, sexisme, précarité économique des familles, etc.);
3) les moyens pour assurer l’inclusion, entre autres sous un angle éthique;
4) les postures épistémologiques : critique (antiraciste, féministe, postcoloniale, etc.), pragmatique, etc.
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