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Katerin Arias : Universidad Católica de Temuco
L´objet de notre étude est la relation entre l’enseignant et l´éducateur traditionnel mapuche dans l´enseignement-apprentissage du mapunzugun (langue mapuche) en Araucanie, Chili. Cet enseignement omet les méthodes pédagogiques propres à la transmission de la langue mapunzugun dans les écoles situées dans les communautés mapuches. L’hégémonie des connaissances scolaires et son corrollaire, l'invisibilité des savoirs autochtones dans la relation éducative persistent. L'objectif consiste à décrire la relation éducative en tant que processus d'articulation des connaissances mapuches et scolaires dans l'enseignement-apprentissage du mapunzugun. La méthodologie privilégie une approche de complémentarité qualitative/quantitative. Les résultats sont : l’identification d’indicateurs d'articulation des connaissances pédagogiques mapuches et scolaires dans la description de la relation educative; l’identification de pistes d’action et de théorisation d'une approche de coconstruction de savoirs qui permet de soutenir une décolonisation progressive de la scolarisation dans ce contexte ; l’identification de pistes de contextualisation d'enseignement du mapunzugun à l'école dans la perspective d'une relation éducative fondée sur des principes éthiques, épistémologiques et politiques respectueux des cultures en présence et facilitant l'implication des acteurs de l'environnement éducatif et social dans la mise en œuvre de pratiques d’éducation interculturelle.
Les données statistiques de la scolarisation des jeunes Autochtones au Canada indiquent que la majorité d’entre eux n’accèdent pas à la réussite au même niveau que les autres Canadiens et Québécois (Statistique Canada, 2016). La commission Vérité et réconciliation (2015) remet en question les systèmes éducatifs coloniaux. Elle appelle à la décolonisation de l’éducation par la transformation de ces systèmes à la faveur des élèves de culture et d’identité autochtones. Agir dans une perspective de décolonisation requiert des actions fondées sur la reconnaissance de l’égalité de tous les humains dans leur différence sociale et culturelle.
Si une pratique de décolonisation de l’éducation en milieu autochtone se développe depuis une trentaine d’années au Québec (Canada), en Araucania (Chili), un projet d’éducation interculturelle s’inscrit à l’agenda depuis aussi longtemps. Les fondements de la démarche sont éthiques, politiques et épistémologique. Les discours et les pratiques peuvent être examinés selon trois perspectives : 1) une perspective de droits en référence à la Déclaration des droits des peuples autochtones, qui affirme l’égalité des droits dans la différence; 2) une perspective épistémologique qui met en évidence la réalité particulière de deux épistémès, l’un autochtone et l’autre euro-occidental; et 3) une perspective d’interculturalité : les acteurs en situations reconnaissent l’égalité des savoirs et connaissances en présence, dont le mode de construction, de transmission et d’acquisition fait référence à une culture particulière. Ces mêmes acteurs cherchent également à coconstruire un dialogue.
Dans une perspective de décolonisation, la réussite éducative et scolaire de tous les jeunes, autochtones et non autochtones, justifie et guide les prises de décision et les actions de tous les acteurs à tous les échelons institutionnels. Ce colloque propose d’expliciter le sens et d’explorer les défis de la décolonisation de l’éducation au Canada et au Chili.
Thème du colloque :