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Démocratisation de l’éducation : les obstacles institutionnels d’accès à l’enseignement supérieur collégial pour les étudiants issus de l’immigration

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Emilie Doutreloux : Université Laval

Résumé de la communication

Déployés en 1967, les cégeps ont pour finalité la démocratisation de l’enseignement supérieur (UNESCO, 1998) ou l’égalité des chances d’accès au plus grand nombre (Meuret, 2004). Il serait normal que l’effectif étudiant des cégeps soit représentatif des différents groupes sociaux qui composent notre société. Or, la population issue de l’immigration est moins présente (Kanouté, 2012). Ce projet de recherche s’intéresse aux obstacles institutionnels (Cross, 1981) d’accès à l’enseignement supérieur collégial pour les immigrants et questionne la responsabilité des cégeps. Il poursuit le double objectif d’identifier les embûches institutionnelles et les pratiques existantes favorisant l’accès aux études collégiales pour les étudiants issus de l’immigration. Abondamment analysée sous l’angle de l’origine socioéconomique des étudiants (Dandurand, 1986; Kamanzi et collab., 2012), la démocratisation de l’éducation doit aujourd’hui considérer l’origine ethnique (Fortier et Deschenaux, 2015). La réalisation d’entrevues semi-dirigées menées dans le cadre d’une étude multi-cas a permis de documenter l’expérience vécue d’immigrants aux prises avec des obstacles institutionnels d’accès à l’enseignement supérieur. Dans cette communication, la trajectoire singulière d’une population étudiante méconnue des chercheurs et des administrateurs sera illustrée à l’aide de portraits d’étudiants ayant participé à la recherche.

Résumé du colloque

La diversité des acteurs de l’éducation (origine ethnoculturelle, langue, religion, capacités physiques et intellectuelles, sexe, identité de genre, orientation sexuelle) est une richesse que plusieurs ministères de l’Éducation reconnaissent (MECB, 2008; MEO, 2009; MEQ, 1998). Cette diversité à célébrer suppose des interventions qui visent l’inclusion et l’équité de tous de même que l’élimination de la discrimination (CSE, 2016; UNESCO, n.d.). Dans ce contexte, Pietrantonio et Bouthillier (2015) affirment que « […] la notion de diversité accompagne toujours la sémantique des inégalités et des hiérarchies sociales » (p. 164) et que, dès lors, « comprendre l’hétérogénéité sociale pour faire valoir la diversité » devient un défi pour les organisations éducatives. Pour leurs gestionnaires, cela implique qu’ils ont un rôle à jouer (Thibodeau et al., 2016), des compétences à développer (Bouchamma, 2016) et un leadership à démontrer (Archambault et Garon, 2013). Sans oublier que cette diversité peut engendrer des enjeux de nature éthique qu’aucun gestionnaire ne devrait ignorer (St-Vincent, sous presse; Langlois, 2008). Devant cette réalité socioscolaire, la pensée libre peut éclairer l’administration de l’éducation, que ce soit sur :

1) le rôle, les compétences et le leadership des gestionnaires dans différents contextes éducatifs (rural et urbain, francophone minoritaire, autochtone, appauvri) ou par rapport à divers acteurs (parents, enseignants, élèves et étudiants);

2) les enjeux avec lesquels les gestionnaires doivent composer (arrivée massive de réfugiés, racisme systémique, droits des enfants transgenres, langues d’enseignement, inclusion des élèves ayant des besoins particuliers, rapports intergénérationnels, sexisme, précarité économique des familles, etc.);

3) les moyens pour assurer l’inclusion, entre autres sous un angle éthique;

4) les postures épistémologiques : critique (antiraciste, féministe, postcoloniale, etc.), pragmatique, etc.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 8 mai 2018

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