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Roxane Meilleur : Université de Sherbrooke
Les offices d'habitation (OH) sont des entreprises publiques mandatées par la Société d'habitation du Québec (SHQ) pour gérer les habitations à loyer modique (HLM), des logements sociaux destinés aux personnes vivant sous le seuil de la pauvreté. Les OH font face au défi de concilier la gestion immobilière et la gestion sociale, qui consiste à soutenir la vie associative et mettre en œuvre des activités pour contribuer au mieux-être de cette population souvent stigmatisée. Favoriser la participation citoyenne des locataires constitue un moyen innovant pour y arriver, tout en contribuant à l'empowerment des communautés. La transformation des rapports de pouvoir que cela implique représente cependant un défi, que Morin et ses collaborateurs (2014) qualifient de changement culturel. L'étude qualitative présentée vise à comprendre les processus par lesquels la culture organisationnelle d'un OH produit des effets, souhaités ou non, sur le développement de la participation citoyenne, spécifiquement en HLM Familles. Les données sont issues d'observations, de focus groups et d'entrevues semi-structurées (locataires, employés, gestionnaires) puis soumises à une analyse par théorisation ancrée. Trois enjeux mis en lumière par cette expérience de recherche sont exposés : 1) les limites de l'engagement dans une recherche collaborative; 2) la posture du chercheur lorsque les rapports de pouvoir entre participants sont inégaux; et 3) la gestion des attentes en contexte de vulnérabilité.
Depuis sa création, l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) participe à la compréhension des phénomènes sociaux en mobilisant une réflexion autour de considérations théoriques et épistémologiques relatives aux méthodes qualitatives. Les colloques qu’elle a organisés ont affiché une sensibilité aux contextes, aux conjonctures et, surtout, aux acteurs sociaux auprès desquels les chercheurs qualitatifs exercent leur métier. Pour cet événement, l’ARQ veut poursuivre une réflexion portant sur les investigations auprès de populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, soit un axe privilégié du Centre d’étude et de recherche sur les transitions et les apprentissages (CERTA), organisme auquel elle s’associe. Le spectre des populations, familles ou encore organisations qualifiées de vulnérables est large : il peut s’agir de personnes en situation de précarité, de jeunes sans emploi, d’individus ou de familles issus de groupes ethniques minoritaires, de personnes en situation de handicap, de minorités sexuelles, d’aînés, etc. La notion de vulnérabilité est vue comme étant relative, cumulative et multidimensionnelle (Armoogum et al., 2012; De Luca Barrusse, 2012). Faisant écho aux notions de précarité, d’exclusion et de désaffiliation (Castel, 1995), elle devient le produit de processus qui s’inscrivent dans le temps et qui sont truffés de transitions et de bifurcations biographiques (Bourdon, Cournoyer et Charbonneau, 2012; Châtel et Soulet, 2003).
Ce colloque vise ainsi à réfléchir aux ajustements mutuels et influences réciproques entre chercheurs qualitatifs et populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, afin d’examiner comment ils s’influencent mutuellement. Comme axes de réflexion, nous proposons aux contributeurs la définition de l’objet de préoccupation mutuelle; la négociation des positions et des identités; la disponibilité au terrain d’enquête; et, enfin, les considérations éthiques et les conséquences sociopolitiques.
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