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Simon Viviers : Université Laval
La pratique des conseillères et conseillers d’orientation (CO), prudentielle et complexe, exige des espaces de réflexivité pour agir au travail. Sous l’angle de la psychologie culturelle-historique, la réflexivité est conçue comme une reconfiguration du rapport à l’expérience de l’activité de travail. La méthodologie s’appuie sur un dispositif de clinique de l’activité. L’analyse permet de mettre en lumière la fonction du collectif et de la délibération sur le métier pour stimuler la réflexivité et dynamiser les affects liés à l’activité de travail. Pour les CO participants, cette mise en débat du métier a soutenu l’établissement d’un rapport collectif et subjectif progressivement plus conscient à l’expérience de l’activité de travail qui leur permet d’envisager de nouvelles possibilités d’agir.
Ce colloque interdisciplinaire vise à partager des réflexions et des résultats issus de recherches à propos de la supervision dans les métiers de la relation (Doucet et Viviers, 2016), expression privilégiée ici pour désigner toute pratique d’accompagnement individuel et collectif. Compte tenu des transformations des pratiques et de la complexité des situations et des contextes dans lesquels œuvrent les praticiens et les stagiaires, il importe de s’interroger sur cette composante importante de la formation initiale et continue. Ce colloque constitue une occasion de réunir différents acteurs (étudiants, professionnels, professeurs, chercheurs) concernés par le sujet de la supervision.
Au cours des dernières décennies, plusieurs phénomènes ont contribué à transformer les contextes dans lesquels exercent les praticiens des métiers de la relation (Doucet et Viviers, 2016). À titre d’exemples, la prégnance des thèses associées au néolibéralisme et l’introduction de principes du secteur marchand dans bon nombre d’organisations qui les emploient (Bresson, Jetté et Bellot, 2013; Chauvière, 2010), l’implantation de politiques dites « d’activation », qui contribuent à orienter les pratiques vers une normalisation des conduites (Gonin et al., 2012; Namian, 2016), et une individualisation des problèmes sociaux pourtant dénoncée depuis plusieurs décennies (Seidman et Rappaport, 1986) posent d’important défis aux praticiens. Ils sont de plus incités à investir des espaces de collaboration avec d’autres acteurs qui ne se traduisent pas toujours par la reconnaissance des différentes expertises mises en présence.
En plus de bousculer les valeurs humanistes traditionnellement associées à leur travail (Bresson, 2015), ces phénomènes peuvent conduire certains praticiens à une perte de sens (Grenier, Bourque et St-Amour, 2016). Ils soulèvent également de nombreux défis pour la formation initiale et continue des praticiens. La supervision, en tant qu’espace interactif de réflexion et d’action entre une ou plusieurs personnes (Neufeldt, 1997; Goodyear, 2014), devient importante pour relever ces défis, que ce soit pour développer une conscience critique et un regard renouvelé sur les situations rencontrées (Healy, 2014), dégager des apprentissages et des marges de manœuvre pour agir dans des contextes contraignants (Chaubet et al., 2013), investir des espaces de travail en commun ou encore se décentrer des « prêt-à-penser » (Perrenoud, 2012).
Ce colloque est une invitation à réfléchir aux défis, aux enjeux et aux différentes perspectives de la supervision comme espace possible de renouvellement, de transformation des pratiques et d’émancipation.
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