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Guillaume Durou : University of Alberta
En 1933, le Parti national-socialiste allemand qui forme alors un gouvernement de coalition avec le Parti
national du peuple allemand (DNVP) enclenche la Ermächtigungsgesetz, —« Loi allemande des pleins pouvoirs » —, permettant au chancelier de gouverner par décret. Si l’on connaît la suite des évènements, ce moment
particulier n’a rien d’une histoire révolue. Les mécanismes poussant la démocratie aux limites de sa capacité,
particulièrement dans les situations « d’urgence », restent constitutifs de la modernité démocratique.
L’État d’exception n’incarne-t-il pas ce potentiel perturbant de la démocratie ? À cet égard, il est curieux que la sociologie de
Tilly n’aborde pas la question de l’exception. Pour comprendre ce phénomène,
faut-il pour autant écarter sa typologie ? Le modèle d’analyse des régimes
développé par Tilly reste pertinent à plus d’un titre. D’abord, il permet d’aborder avec précision la trajectoire
diachronique d’un régime en plus d’en faciliter la comparaison avec d’autres. Ensuite, ce modèle invite à l’amélioration de ces composantes. Enfin, son opérationnalisation et sa malléabilité en
font un outil précieux pour les sociologues et les politogues.
Cette communication propose de faire l’inventaire de la contribution de Tilly sur le terrain de la théorie et de
la méthodologie pour en actualiser le contenu. En réexaminant les dimensions analytiques
du processus de démocratisation et de dé-démocratisation chez Tilly, nous tenterons d’y
intégrer la notion d’exception.
Le colloque porte sur les enjeux analytiques, théoriques et conceptuels soulevés par l’émergence de nouveaux régimes, mouvements et pratiques autoritaires. Il cherchera à analyser les causes, les mécanismes, les processus et le contexte de cette émergence. Le colloque étant destiné d’abord aux chercheurs en sociologie historique, il accordera une attention privilégiée aux propositions qui effectuent des comparaisons diachroniques afin de mettre en relief la pertinence ou non des comparaisons avec le passé. Le colloque s’intéresse également aux interventions qui s’interrogent sur la portée heuristique de concepts utilisés pour décrire des régimes autoritaires « passés » dans le contexte actuel, fascisme et totalitarisme par exemple.
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