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Sara Teinturier : Université de Sherbrooke
Les années 1960 et leurs transformations religieuses sont considérées comme l’un des moments forts de l’émancipation des femmes dans les sociétés contemporaines, y compris au Québec. Comment les femmes s’affirmant catholiques ont-elles traversé ces années de bouleversements sociaux, culturels et politiques ? La Revue dominicaine (1915-1961), à laquelle succède Maintenant (1962-1974), sont publiées par les dominicains jusqu’en 1968, avant qu’une direction laïque ne prenne ensuite le relais. À leur manière, elles sont le reflet des interrogations catholiques sur la place de la femme en cette période de révolution tranquille et d’aggiornamento ecclésial ; elles témoignent aussi bien des questionnements sur le rôle qu’elles ont à jouer dans la société civile comme dans l’Église.
Étudier les prises de position et les postures sur cette thématique permet de relever trois grands traits principaux. C’est, tout d’abord, la banalisation des sujets évoqués : les femmes catholiques portent pour partie les mêmes préoccupations que l’ensemble de la société. C’est, ensuite, la force du débat sur la régulation des naissances, qui s’invite largement avant la parution d’Humanae Vitae (1968). C’est, enfin, prendre la mesure d’une parole donnée à des laïques engagées, actrices légitimées dans leur action et leur expertise. Observatoire privilégié des changements sociétaux à l’œuvre, ces revues offrent un éclairage inédit sur « l’émancipation » des femmes catholiques dans la société québécoise.
En analysant le religieux au prisme des espaces, les sciences humaines et sociales ont rendu compte de nombreuses dynamiques et de leurs évolutions, comme la territorialisation des communautés et de leur implantation, la géopolitique des religions, ou encore la symbolique des rapports aux espaces de déploiement des religions (Hervieu-Léger, 1999). Notion centrale en géographie, l’espace a fait plus récemment l’objet d’une réflexion et d’une théorisation dans les autres disciplines scientifiques, ouvrant à des dialogues herméneutiques, théoriques et méthodologiques féconds (p. ex., Löw, 2015). Aussi, depuis les années 1990, dans le champ des sciences sociales des religions, un renouvellement des approches et des objets a-t-il pu être observé. Si l’ancrage territorial reste présent (p. ex., enjeu de construction de lieux de cultes, lieux de pèlerinages, mémoire et patrimonialisation), son étude a pu changer d’échelle et voir ses frontières explorées (p. ex., religion vécue et ordinaire, liens avec la communauté nationale, effets des transnationalisations sur les communautés religieuses, frontières espace public/espace privé). Les espaces sont également analysés dans leurs dimensions relationnelles ou culturelles (p. ex., espaces religieux genrés, espaces culturels, vie intérieure/extériorité). L’émergence du numérique (Digital Religion…) interpelle quant aux rapports aux lieux et aux espaces.
Aussi, ce colloque propose-t-il d’étudier les espaces du religieux. Ouvert aux différents champs disciplinaires, il prendra en compte aussi bien les espaces traditionnels des religions (les communautés et leurs développements, les espaces de production doctrinaux), que les espaces négociés par les religions (relations entre religions et espace public par exemple) ou les nouveaux espaces du religieux (sphère numérique).
Références :
Hervieu-Léger, D. 1999. La religion en mouvement : le pèlerin et le converti. Paris, Flammarion.
Löw, M. 2015. Sociologie de l’espace. Paris, MSH.
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