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Marie-pier Sylvestre : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
À travers l’ensemble des canadiens, le taux de troubles mentaux est plus élevé chez les populations autochtones. Bien que la proportion des troubles de santé mentale soit plus élevée chez les peuples autochtones, une sous-utilisation des services sociaux est observée parmi ceux-ci. Cette réalité serait principalement liée à un manque d’adaptation des services aux particularités culturelles et sociales de ces peuples. Dans l’optique d’apporter des changements sociaux, Photovoice est une méthode qui est de plus en plus utilisé auprès des populations marginalisées. Il s'agit principalement de donner la voix, à travers la photographie, aux personnes vulnérables. Cette étude porte sur l’utilisation de Photovoice auprès de 8 femmes étudiantes au collège de Kiona dans le cadre d’un cours de psychologie. De point de vue qualitatif, je m’intéresse à la question qui suit : Quelle est la perception des sujets sur le processus de la méthode Photovoice à partir du début de l’expérimentation jusqu’à l’exposition de photos dans la communauté ?
Depuis sa création, l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) participe à la compréhension des phénomènes sociaux en mobilisant une réflexion autour de considérations théoriques et épistémologiques relatives aux méthodes qualitatives. Les colloques qu’elle a organisés ont affiché une sensibilité aux contextes, aux conjonctures et, surtout, aux acteurs sociaux auprès desquels les chercheurs qualitatifs exercent leur métier. Pour cet événement, l’ARQ veut poursuivre une réflexion portant sur les investigations auprès de populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, soit un axe privilégié du Centre d’étude et de recherche sur les transitions et les apprentissages (CERTA), organisme auquel elle s’associe. Le spectre des populations, familles ou encore organisations qualifiées de vulnérables est large : il peut s’agir de personnes en situation de précarité, de jeunes sans emploi, d’individus ou de familles issus de groupes ethniques minoritaires, de personnes en situation de handicap, de minorités sexuelles, d’aînés, etc. La notion de vulnérabilité est vue comme étant relative, cumulative et multidimensionnelle (Armoogum et al., 2012; De Luca Barrusse, 2012). Faisant écho aux notions de précarité, d’exclusion et de désaffiliation (Castel, 1995), elle devient le produit de processus qui s’inscrivent dans le temps et qui sont truffés de transitions et de bifurcations biographiques (Bourdon, Cournoyer et Charbonneau, 2012; Châtel et Soulet, 2003).
Ce colloque vise ainsi à réfléchir aux ajustements mutuels et influences réciproques entre chercheurs qualitatifs et populations en contexte de vulnérabilité économique et sociale, afin d’examiner comment ils s’influencent mutuellement. Comme axes de réflexion, nous proposons aux contributeurs la définition de l’objet de préoccupation mutuelle; la négociation des positions et des identités; la disponibilité au terrain d’enquête; et, enfin, les considérations éthiques et les conséquences sociopolitiques.
Titre du colloque :