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Lily Bacon : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Dans la suite d’un colloque portant sur l’histoire du développement de l’éducation dans les communautés d’Ivujivik et de Puvirnituq et d’un processus de révision de programme de formation de leurs enseignants, des leaders inuit en éducation formulent le souhait de réviser le programme de mathématiques actuellement en vigueur dans leurs écoles afin d’y intégrer les savoirs mathématiques inuit. La communication proposée se veut une première réflexion permettant de situer la demande par rapport aux mouvements de prise en charge de l’éducation par ces populations. Il aborde également les développements curriculaires qui se sont réalisés dans ces territoires, mais aussi ailleurs au pays. La réflexion entre aussi sur la dimension épistémologique des savoirs mathématiques issus de mondes culturels différents et soulève le questionnement en lien avec leur articulation. Enfin, ce texte constitue un apport des partenaires universitaires dans les travaux et les processus collaboratifs qui ont cours depuis plus de 30 ans avec les acteurs en éducation des communautés d’Ivujivik et de Puvirnituq.
Les données statistiques de la scolarisation des jeunes Autochtones au Canada indiquent que la majorité d’entre eux n’accèdent pas à la réussite au même niveau que les autres Canadiens et Québécois (Statistique Canada, 2016). La commission Vérité et réconciliation (2015) remet en question les systèmes éducatifs coloniaux. Elle appelle à la décolonisation de l’éducation par la transformation de ces systèmes à la faveur des élèves de culture et d’identité autochtones. Agir dans une perspective de décolonisation requiert des actions fondées sur la reconnaissance de l’égalité de tous les humains dans leur différence sociale et culturelle.
Si une pratique de décolonisation de l’éducation en milieu autochtone se développe depuis une trentaine d’années au Québec (Canada), en Araucania (Chili), un projet d’éducation interculturelle s’inscrit à l’agenda depuis aussi longtemps. Les fondements de la démarche sont éthiques, politiques et épistémologique. Les discours et les pratiques peuvent être examinés selon trois perspectives : 1) une perspective de droits en référence à la Déclaration des droits des peuples autochtones, qui affirme l’égalité des droits dans la différence; 2) une perspective épistémologique qui met en évidence la réalité particulière de deux épistémès, l’un autochtone et l’autre euro-occidental; et 3) une perspective d’interculturalité : les acteurs en situations reconnaissent l’égalité des savoirs et connaissances en présence, dont le mode de construction, de transmission et d’acquisition fait référence à une culture particulière. Ces mêmes acteurs cherchent également à coconstruire un dialogue.
Dans une perspective de décolonisation, la réussite éducative et scolaire de tous les jeunes, autochtones et non autochtones, justifie et guide les prises de décision et les actions de tous les acteurs à tous les échelons institutionnels. Ce colloque propose d’expliciter le sens et d’explorer les défis de la décolonisation de l’éducation au Canada et au Chili.
Titre du colloque :