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Véronique PAUL : UQAM - Université du Québec à Montréal
Historiquement, les programmes de scolarisation et de formation ont été imposés aux Autochtones et clairement pensés comme moyen d’assimilation à la culture dominante. Les études autochtones qui défendent le droit à l’autodétermination et à la justice sociale utilisent des cadres théoriques anticoloniaux. Ces derniers explorent le concept de la décolonisation sous toutes ses formes : décolonisation de la recherche, des savoirs et de l’éducation, entre autres. Aujourd’hui, au Canada, l’école se décolonise et commence à contribuer de manière significative au maintien et au renforcement de l’identité culturelle des Autochtones tout en permettant aux élèves d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à un épanouissement citoyen global. Évidemment, une décolonisation de la scolarisation comporte en soi le paradoxe de produire un retour systématique au colonial, mais malgré cette limite, cette alternative conceptuelle critique doit continuer de se développer.
Les données statistiques de la scolarisation des jeunes Autochtones au Canada indiquent que la majorité d’entre eux n’accèdent pas à la réussite au même niveau que les autres Canadiens et Québécois (Statistique Canada, 2016). La commission Vérité et réconciliation (2015) remet en question les systèmes éducatifs coloniaux. Elle appelle à la décolonisation de l’éducation par la transformation de ces systèmes à la faveur des élèves de culture et d’identité autochtones. Agir dans une perspective de décolonisation requiert des actions fondées sur la reconnaissance de l’égalité de tous les humains dans leur différence sociale et culturelle.
Si une pratique de décolonisation de l’éducation en milieu autochtone se développe depuis une trentaine d’années au Québec (Canada), en Araucania (Chili), un projet d’éducation interculturelle s’inscrit à l’agenda depuis aussi longtemps. Les fondements de la démarche sont éthiques, politiques et épistémologique. Les discours et les pratiques peuvent être examinés selon trois perspectives : 1) une perspective de droits en référence à la Déclaration des droits des peuples autochtones, qui affirme l’égalité des droits dans la différence; 2) une perspective épistémologique qui met en évidence la réalité particulière de deux épistémès, l’un autochtone et l’autre euro-occidental; et 3) une perspective d’interculturalité : les acteurs en situations reconnaissent l’égalité des savoirs et connaissances en présence, dont le mode de construction, de transmission et d’acquisition fait référence à une culture particulière. Ces mêmes acteurs cherchent également à coconstruire un dialogue.
Dans une perspective de décolonisation, la réussite éducative et scolaire de tous les jeunes, autochtones et non autochtones, justifie et guide les prises de décision et les actions de tous les acteurs à tous les échelons institutionnels. Ce colloque propose d’expliciter le sens et d’explorer les défis de la décolonisation de l’éducation au Canada et au Chili.
Thème du colloque :