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La détection objective de la douleur clinique et des symptômes associés. Au-delà de l'empathie?

LG

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Luis Garcia-Larrea : INSERM - Institut national de la santé et la recherche médicale

Résumé de la communication

La prise en charge de la douleur chronique ne peut s’arrêter dans le sentiment empathique ; le devoir éthique du soignant est de mettre tous les moyens à sa portée pour comprendre l’origine, les mécanismes et les possibilités de modulation de cette douleur, pour tenter de mettre fin –ou d’alléger– la souffrance physique et psychique qu’elle entraîne. Ces aspects acquièrent une importance capitale dans le cas des douleurs mal définies, sans contexte organique clairement établi ou survenant dans un contexte de conflit patient-soignant –par exemple suite à une intervention chirurgicale. L’examen attentif du patient et l’utilisation judicieuse de techniques neurophysiologiques relativement simples permet d’affirmer (ou d’infirmer) l’existence d’altérations significatives de la transmission, l’intégration ou le contrôle de la douleur. Bien que la détection objective de l’état douloureux et la souffrance reste au-delà de notre portée, nous verrons qu’il est possible de constater objectivement des altérations masquées, responsables d’une telle douleur, ainsi que des réactivités physiologiques cérébrales et corporelles anormales à des sollicitations extérieures, affirmant objectivement l’existence d’une réponse douloureuse. L’intégration du patient au discours diagnostique, y compris pour discuter avec lui des résultats négatifs, va au-delà de l’empathie et constitue la base d’une relation thérapeutique saine, ou le patient passe de l’état de sujet à celui de collaborateur.

Résumé du colloque

L’empathie est un phénomène inhérent aux relations interpersonnelles. La recherche sur l’empathie connaît un grand foisonnement au sein de plusieurs disciplines et appuie la notion que l’empathie se subdivise en plusieurs composantes, de rudimentaires à évoluées : le mimétisme autonomique et moteur, la contagion émotionnelle, la prise de perspective, la régulation émotionnelle et l’aide prosociale. Ces composantes seraient interdépendantes et affectées par plusieurs facteurs : génétique, somatosensoriel, perceptif, moteur, affectif, cognitif, personnel et contextuel. Ces facteurs peuvent influencer les deux membres d’une dyade empathique, soit la personne qui éprouve de l’empathie et celle qui en fait l’objet. Ultimement, la dyade empathique est tributaire de l’interaction entre ces différentes composantes et des différents facteurs qui les modulent. De nombreuses recherches témoignent de l’importance de l’empathie dans la qualité des relations interpersonnelles et dans l’optimisation du bien-être subjectif des individus et des populations. Les effets positifs de l’empathie sont bidirectionnels dans les dyades relationnelles; plus un aidant fait preuve d’empathie à l’égard d’une personne souffrante, plus la souffrance est atténuée chez cette dernière et, parallèlement, plus l’aidant ressent du bien-être. Ainsi, l’empathie peut jouer un rôle dans la réduction de la souffrance chez une personne, mais aussi dans le bien-être de son aidant.

Considérant l’ampleur des nouvelles connaissances sur l’empathie et la multitude des disciplines produisant ces connaissances, il est nécessaire de réunir des experts afin de favoriser une réflexion globale du phénomène et, ainsi, s’interroger sur ses effets sur le plan sociétal. De nouvelles questions sont alors susceptibles d’émerger. Le colloque scientifique « Des fondements aux implications sociales, l’empathie au cœur d’un monde plus humain » a pour objectif de rassembler des chercheurs, tant étudiants que de renommée internationale, menant des travaux fondamentaux ou appliqués, pour entamer une réflexion holistique des implications sociétales de l’empathie. Les conférenciers sont notamment : Pierre Rainville, Ph.D., professeur titulaire à l’Université de Montréal, Stéphane Rivest, professeur adjoint à l’Université de Sherbrooke, et Luis Garcia-Larrea, Ph.D., directeur de recherche à l’INSERM de Lyon (France). Ce colloque, qui se tiendra le 8 mai au cours du 86e congrès de l’ACFAS, s’avérera un événement international incontournable pour tout étudiant, chercheur, professeur et professionnel s’intéressant de près ou de loin à l’empathie. Puisqu’elle est au cœur des relations humaines, il est grand temps d’établir des liens solides entre les disciplines et d’amorcer une vision unifiée de ce phénomène.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 8 mai 2018

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