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Marie Langevin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Nous discuterons dans cette communication de la contribution des organismes de crédit communautaire québécois au développement territorial et à la vitalité socioéconomique des communautés. Grâce à son approche d’accompagnement, de mobilisation des ressources de proximité pour le financement et l’expertise entrepreneuriale, à l’importance du réseautage et de la mise en commun de ressources, le modèle québécois de crédit communautaire innove à plusieurs égards en matière de développement local. Nous discuterons de la première phase de notre recherche partenariale menée avec le Fonds communautaire d’emprunt de la Mauricie (FCEM) et les Cercles d’emprunt de la Mauricie (CEM) qui vise à comprendre les processus d'innovation sociale mis en action par ces organismes et à mettre en valeur leur contribution.
Il s’agit d’analyser les innovations sociales (IS) face aux défis écologiques et aux inégalités sociales par la réflexion sur le lien entre des expérimentations locales, réalisées dans des milieux de travail, des entreprises collectives ou des organismes de la société civile, et le développement des territoires et la transition sociétale:
Dans quelle mesure des IS menées localement peuvent-elles changer les modes d’action en développement territorial et influencer les politiques publiques et insuffler une transition sociétale?
Quels défis accompagnent la croissance des organismes, en termes de taille, de mandat, d’échelle d’activité ? Dans quelle mesure la croissance des organismes participe-t-elle à la transition sociétale ? Comment les processus d’institutionnalisation des IS, entendue comme pérennisation et systématisation, parfois via des politiques publiques, renforcent ou fragilisent les expérimentations locales ?
Quels liens établir entre les expérimentations pour contrer les inégalités entre territoires ?
L’ancrage des IS dans un territoire est souvent vu comme une condition nécessaire, pour s’appuyer sur ses spécificités, ses ressources (sociales, culturelles, économiques), sa « résilience ». Mais les territoires sont très inégalement dotés. Sans un mécanisme d’équilibre plus global, ne risque t’on pas d’exacerber ces inégalités, voire cette concurrence, entre territoires ? A contrario, quels modes de transfert et de circulation des pratiques et savoirs entre les territoires pourraient diminuer ces inégalités ?
Comment définir des arbitrages et principes communs, par-delà l’émiettement des initiatives locales, en vue d’une transformation sociale ?
Le déploiement des IS se fait parfois en invoquant des principes de justice sociale, d’urgence environnementale ou d’exigence démocratique. Ce sont à la fois des principes importants, mais souvent assez flous. Du point de vue conceptuel comme de la pratique, dans quelle mesure peut-on articuler ces principes ?
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