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Eva Kehayia : Université McGill
En 2010, l’annonce du financement FRQS pour des projets stratégiques innovants a incité les centres de recherche et les chercheurs à explorer de nouvelles approches impliquant des partenaires non traditionnels pour innover davantage en recherche interdisciplinaire et intersectorielle. Ainsi, le projet RehabMall du CRIR est né; il a réalisé depuis 2011 plus de 70 projets de recherche en partenariat avec les secteurs public et privé. Visant la création d’environnements accessibles et inclusifs, ces projets ont permis d’identifier les principaux obstacles d'ordre physique ou psychosocial à la participation sociale et à l'inclusion des personnes vivant avec une déficience physique, dans l’environnement d’un centre commercial. Utilisant une approche living lab, des technologies, d’aides techniques et des services ont pu être développés, mis en œuvre et évalués afin de pallier aux défis de participation et d’inclusion sociale. Les transformations qui ont suivi allaient au-delà de terrains connus et des environnements physiques et sociaux touchant tout particulièrement autant les chercheurs impliqués dans les projets que ceux qui les entouraient. De l’initiative Vers une société québécoise plus inclusive aux vêtements intelligents, à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour pallier les difficultés de communication orale et aux intersections intelligentes la recherche est en train de briser les silos entre secteurs et disciplines et nous amène à penser et à faire autrement.
Ce colloque se propose d’explorer, sur divers plans, une nouvelle problématique de recherche : la recherche de rupture.
Les transformations de plus en plus profondes qui affectent aujourd’hui les sciences, les arts et les techniques appellent une reconfiguration des champs du savoir, mais aussi de l’action. Des façons différentes de faire de la recherche apparaissent sans cesse tandis que les disciplines traditionnelles se reconfigurent profondément ou se rapprochent d’autres disciplines, parfois voisines, parfois éloignées. Plus ouverte à la collaboration de la communauté et plus attentive à ses propres développements, comme le montre cette nouvelle pratique qu’est la métarecherche, la recherche découvre une nouvelle réflexivité l’amenant à revenir sur ses méthodes et ses concepts, et à s’ouvrir à des collaborations inattendues. La révolution numérique influe sur toutes les perceptions, toutes les conceptions : ne parle-t-on pas, à ce propos, de « numérimorphose »? Les neurosciences, par ailleurs, en donnant une base physiologique à certains percepts et même à certaines formes de pensée, développées à partir d’un objet spécifique, contribuent également à cette reconfiguration de la science à laquelle les Fonds de recherche du Québec (FRQ) entendent participer activement, en suscitant des réflexions diversifiées à ce sujet et surtout en proposant des moyens de profiter de ce grand bouleversement, attesté à l’échelle de la planète, pour susciter et encourager des recherches qui osent déplacer les frontières, les repousser, les traverser.
C’est à ce titre que les FRQ viennent de lancer le programme Audace voué à des projets à risque et à fort potentiel de retombées, mais dont les résultats ne sont pas nécessairement garantis.
Il s’agit, sinon de prévoir l’imprévisible ou de concevoir l’inconcevable, du moins de leur permettre d’advenir en leur ménageant les meilleures conditions d’apparition. En donnant au chercheur la liberté de pousser sa réflexion à sa limite, et même peut-être au-delà.
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