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Stéphane Rivest : Université de Sherbrooke
La pleine conscience (mindfulness) jouit à l’heure actuelle d’une popularité et d’un intérêt indéniable dans les sociétés occidentales. Dans le domaine de la santé, la pleine conscience est principalement utilisée pour la gestion du stress et de l’anxiété auprès de la clientèle touchée par des problèmes de santé physique ou mentale. Définie comme le fait de porter une attention particulière et délibérée sur le moment présent, dans une attitude d’accueil et de non-jugement face à l’expérience vécue (Kabat-Zinn,2003), la pleine conscience permet de cultiver une présence attentive qui améliore la régulation émotionnelle et par le fait même facilite la gestion du stress engendré par la maladie.
La pleine conscience est également utilisée auprès du personnel soignant qui vit lui aussi un stress considérable dans le cadre de ses fonctions professionnelles. Plus encore, selon certaines études la pleine conscience favoriserait l’empathie des soignants à l’égard d’eux-mêmes ainsi qu’à l’égard de leurs patients tout en améliorant la qualité de la relation thérapeutique. C’est probablement dans cette optique que la pleine conscience fait désormais partie des curriculums de médecine de plusieurs Universités. L’intégration de la pleine conscience sur le plan clinique comporte son lot de défis, mais les bénéfices qu’elle représente sur le plan relationnel et thérapeutique en font une approche de choix qui contribue à l’humanisation des soins de santé.
L’empathie est un phénomène inhérent aux relations interpersonnelles. La recherche sur l’empathie connaît un grand foisonnement au sein de plusieurs disciplines et appuie la notion que l’empathie se subdivise en plusieurs composantes, de rudimentaires à évoluées : le mimétisme autonomique et moteur, la contagion émotionnelle, la prise de perspective, la régulation émotionnelle et l’aide prosociale. Ces composantes seraient interdépendantes et affectées par plusieurs facteurs : génétique, somatosensoriel, perceptif, moteur, affectif, cognitif, personnel et contextuel. Ces facteurs peuvent influencer les deux membres d’une dyade empathique, soit la personne qui éprouve de l’empathie et celle qui en fait l’objet. Ultimement, la dyade empathique est tributaire de l’interaction entre ces différentes composantes et des différents facteurs qui les modulent. De nombreuses recherches témoignent de l’importance de l’empathie dans la qualité des relations interpersonnelles et dans l’optimisation du bien-être subjectif des individus et des populations. Les effets positifs de l’empathie sont bidirectionnels dans les dyades relationnelles; plus un aidant fait preuve d’empathie à l’égard d’une personne souffrante, plus la souffrance est atténuée chez cette dernière et, parallèlement, plus l’aidant ressent du bien-être. Ainsi, l’empathie peut jouer un rôle dans la réduction de la souffrance chez une personne, mais aussi dans le bien-être de son aidant.
Considérant l’ampleur des nouvelles connaissances sur l’empathie et la multitude des disciplines produisant ces connaissances, il est nécessaire de réunir des experts afin de favoriser une réflexion globale du phénomène et, ainsi, s’interroger sur ses effets sur le plan sociétal. De nouvelles questions sont alors susceptibles d’émerger. Le colloque scientifique « Des fondements aux implications sociales, l’empathie au cœur d’un monde plus humain » a pour objectif de rassembler des chercheurs, tant étudiants que de renommée internationale, menant des travaux fondamentaux ou appliqués, pour entamer une réflexion holistique des implications sociétales de l’empathie. Les conférenciers sont notamment : Pierre Rainville, Ph.D., professeur titulaire à l’Université de Montréal, Stéphane Rivest, professeur adjoint à l’Université de Sherbrooke, et Luis Garcia-Larrea, Ph.D., directeur de recherche à l’INSERM de Lyon (France). Ce colloque, qui se tiendra le 8 mai au cours du 86e congrès de l’ACFAS, s’avérera un événement international incontournable pour tout étudiant, chercheur, professeur et professionnel s’intéressant de près ou de loin à l’empathie. Puisqu’elle est au cœur des relations humaines, il est grand temps d’établir des liens solides entre les disciplines et d’amorcer une vision unifiée de ce phénomène.
Titre du colloque :