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La télévision des animatrices

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Anouk Bélanger : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Les personnalités télévisuelles possèdent un certain prestige auprès du grand public, et un certain pouvoir au sein des chaines de télévision. Les animatrices en particulier nous offrent des représentations riches. Sans être des personnages scriptés, elles constituent des constructions répondant aux contextes culturels et médiatiques, aux institutions et à une certaine normativité de genre. Des animatrices populaires, telles qu’Oprah Winfrey nous offrent des représentations au carrefour du public, du privé, du personnel et du politique et révèlent les ressorts de médiation spécifiques à des genres télévisuels, ainsi que des constructions pop féministes fort intéressantes à investiguer. Or, dans cette conférence, notre intention est de lire le paysage télévisuel québécois actuel à partir de la figure de l’animatrice. La littérature scientifique s’est penchée sur la fonction de l’animateur à la télé (Pasquier 1988), sur les stars-animateurs (Pasquier, 1990), sur des animatrices en particulier (Illouz, 2003). Les animatrices occupent des rôles au sens strict profitant à leur image (et parfois empire), à l’émission, en plus d'occuper des rôles au sens large allant de porte-parole d’institutions médiatiques, de modèle compassionnel, et de star. Au-delà de la présence croissante d’animatrices dans la programmation télé au Québec, et de la popularité de certaines d’entre elles, qu’est-ce que la figure de l’animatrice nous révèle sur la télévision québécoise d’aujourd’hui?

Résumé du colloque

Ce colloque proposera un état des lieux des télévisions au Québec, à l’ère d’une transformation des paysages médiatiques et législatif au pays. Le terme « télévisions » est ici employé au pluriel afin de tenir compte du fait que la « télévision au Québec » recouvre plusieurs réalités distinctes. Il sera donc certes question de la production québécoise francophone dominante, mais également de la production anglophone — notamment des séries canadiennes-anglaises souvent tournées à Montréal — et des émissions autochtones produites au Québec. Plus généralement, cet événement s’intéressera aux trois grands pôles de la communication télévisuelle (production, contenus, réception).

Les récentes transformations technologiques et réglementaires apportées au système de télédiffusion canadien ont contribué à une mutation des pratiques spectatorielles et des stratégies de production mises au point afin d’attirer le public local, lequel consacre une part très importante de son temps de visionnement à des émissions étrangères. Toutefois, bien que les inquiétudes devant la survie des télévisions locales au sein d’une économie et d’une culture transnationales soient justifiées, force est d’admettre que le cas de la télévision québécoise semble défier certains pronostics. Alors que les cotes d’écoute pour des productions locales sont en baisse dans une majorité de territoires, celles-ci paraissent relativement stables au Québec, en particulier dans le domaine du divertissement et des fictions (source : Numeris).

La télévision au Québec exige donc une étude tenant compte des enjeux qui menacent sa survie et sa rentabilité comme de ses stratégies d’adaptation. L’objectif de ce colloque sera aussi de réfléchir aux effets potentiels des récentes modifications des politiques canadiennes concernant la culture et la radiodiffusion pour le maintien d’une télévision de proximité (Dhoest, 2013; Straubhaar, 2007, 2010), à l’instar de celle du Québec ou des peuples autochtones.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 8 mai 2018

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