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Lionel Bahl : Université de Sherbrooke
En lien direct avec la thématique du colloque, la théorie des conventions (TC) permet de jeter un éclairage nouveau sur la gouvernance et la création d’une valeur partagée pour plusieurs parties prenantes (PP).
D’une part, l’approche sociologique de la TC rend explicite comment chaque PP peut vivre dans un monde régi par des logiques décisionnelles qui lui sont propres. Lors de l’application de principes de développement durable en entreprise, la logique dominante de l’intérêt financier entre en conflit avec d’autres logiques décisionnelles, dont celle de la collectivité. La compréhension de la diversité des logiques décisionnelles à partir de la TC permet de situer et de mieux comprendre les conflits entre PP, puis de comprendre les moyens par lesquels des compromis ou des décisions peuvent respecter leurs différentes perspectives.
D’autre part, l’adhésion aux conventions en place constitue une difficulté rencontrée en pratique dans l’évolution des comportements. Différents travaux menés à partir de la TC, notamment en investissement responsable, nous renseignent sur la nature et l’efficacité des moyens pour faire évoluer les conventions et les comportements observés en pratique dans les organisations.
La présentation, essentiellement conceptuelle, démontre donc des applications concrètes, actionnables et fort utiles de la TC pour la compréhension et la gestion des défis que pose la création de valeur partagée entre plusieurs PP.
Ce colloque entend aborder principalement les récents développements et les sujets émergents en matière de gouvernance d’entreprise, de développement durable (DD) et de responsabilité sociale des entreprises (RSE). La RSE connaît depuis quelques années un fort engouement alors qu’elle était souvent ignorée et mal comprise des entreprises. Le concept de RSE est fréquemment présenté comme l’application des principes du développement durable dans les stratégies d’entreprise. Dans son acceptation la plus large, la responsabilité sociale de l’entreprise renvoie non seulement à la maximisation de la valeur actionnariale, mais également à la création de valeur pour leurs parties prenantes (les bailleurs de fonds, les employés, les clients, les fournisseurs, la communauté et l’environnement) en intégrant des dimensions environnementales, sociales et de gouvernance. Les réflexions actuelles offrent une alternative au modèle dominant de gouvernance en proposant une gouvernance plurielle, plus équitable envers l’ensemble des parties prenantes. Dans ce contexte, le colloque s’interrogera sur les liens entre le développement durable, la gouvernance et la création de valeur partagée. Pourquoi les entreprises devraient-elles être soucieuses de durabilité et de responsabilité? Comment la responsabilité sociale des entreprises peut-elle induire un nouveau modèle de gouvernance axée sur les objectifs de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise? En quoi et comment l’intégration des aspects économique, social, de gouvernance, éthique et environnemental favorise-t-elle une performance financière et extrafinancière durable ainsi qu’une valeur partagée? Quels sont les outils de vérification (reporting) des performances sociales et environnementales?
Devant une demande sociétale croissante de voir intégrer la RSE comme une dimension essentielle de la gouvernance d’entreprise, ce colloque vise à sensibiliser les chercheurs, les professionnels, les praticiens, les décideurs politiques et les dirigeants d’organisations publiques et privées aux enjeux en matière de gouvernance, de développement durable et de création de valeur partagée pour l’ensemble des parties prenantes. Ce colloque permettra d’aborder les défis et les obstacles auxquels se heurtent les entreprises au moment de l’intégration des volets de la RSE à la stratégie de l’entreprise. Compte tenu de l’importance du sujet, ce colloque s’inscrit dans une perspective multidisciplinaire afin de répondre aux questions liées à la gouvernance et à la responsabilité sociale des entreprises. Des contributions tant théoriques qu’empiriques de chercheurs issus de différents champs disciplinaires (finance, comptabilité, droit, économie, sociologie, science politique, etc.) sont donc sollicitées.
Titre du colloque :