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Quentin Guatieri : Université de Montréal
Longtemps limitée au débat intellectuel et qualifiée d’utopie, l’idée d’une allocation universelle (aussi nommée revenu de base, revenu universel ou encore revenu minimum garanti) a bénéficié depuis la crise économique et financière de 2008 d’études inédites dans l’espace public et la sphère politique. Des expérimentations sont ainsi en cours ou prévues en Finlande, au Canada, en France ou encore aux Pays-Bas.
Outil d’émancipation et de justice social pour les uns, cheval de Troie du libéralisme pour d’autres, le concept de l’allocation universelle s’inscrit dans un contexte de hausse des inégalités, d’un taux de chômage rarement à la baisse et de nouvelles formes de précarité. L’idée est peu à peu sorti du débat théorique et académique pour s’installer dans la sphère institutionnelle, portée par des acteurs divers et d’idéologies variées.
Il est proposé ici de s’interroger sur la façon dont l’allocation universelle (sous la forme d’un revenu versé à tous les citoyens et sans contrepartie) se présente comme un projet de société alternatif articulant à la fois pour lutter contre les inégalités sociales mais également dans le cadre d’une transition écologique. Lutte contre la pauvreté, prérogatives démocratiques, transition écologique… Les enjeux soulevés sont multiples et nous chercherons à comprendre de quelle manière les partisans de l’allocation universelle cherchent à les articuler autour de ce concept.
Il s’agit d’analyser les innovations sociales (IS) face aux défis écologiques et aux inégalités sociales par la réflexion sur le lien entre des expérimentations locales, réalisées dans des milieux de travail, des entreprises collectives ou des organismes de la société civile, et le développement des territoires et la transition sociétale:
Dans quelle mesure des IS menées localement peuvent-elles changer les modes d’action en développement territorial et influencer les politiques publiques et insuffler une transition sociétale?
Quels défis accompagnent la croissance des organismes, en termes de taille, de mandat, d’échelle d’activité ? Dans quelle mesure la croissance des organismes participe-t-elle à la transition sociétale ? Comment les processus d’institutionnalisation des IS, entendue comme pérennisation et systématisation, parfois via des politiques publiques, renforcent ou fragilisent les expérimentations locales ?
Quels liens établir entre les expérimentations pour contrer les inégalités entre territoires ?
L’ancrage des IS dans un territoire est souvent vu comme une condition nécessaire, pour s’appuyer sur ses spécificités, ses ressources (sociales, culturelles, économiques), sa « résilience ». Mais les territoires sont très inégalement dotés. Sans un mécanisme d’équilibre plus global, ne risque t’on pas d’exacerber ces inégalités, voire cette concurrence, entre territoires ? A contrario, quels modes de transfert et de circulation des pratiques et savoirs entre les territoires pourraient diminuer ces inégalités ?
Comment définir des arbitrages et principes communs, par-delà l’émiettement des initiatives locales, en vue d’une transformation sociale ?
Le déploiement des IS se fait parfois en invoquant des principes de justice sociale, d’urgence environnementale ou d’exigence démocratique. Ce sont à la fois des principes importants, mais souvent assez flous. Du point de vue conceptuel comme de la pratique, dans quelle mesure peut-on articuler ces principes ?
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