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Le codéveloppement professionnel comme outil de supervision : portée et limites

FP

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France Picard : Université Laval

Résumé de la communication

Le codéveloppement professionnel constitue une approche expérientielle qui se fonde sur un processus réflexif et d’entraide par les pairs, pour surmonter les difficultés professionnelles, les préoccupations ou les projets à mettre en œuvre dans sa pratique (Bourassa, Serre et Ross, 2007). Une équipe de recherche de l’Université Laval, GAP-Orientation – Groupe d’accompagnement des professionnelles et des professionnels de l’Orientation –, a adapté le modèle de codéveloppement professionnel, élaboré par Adrien Payette et Claude Champagne (2010) pour l’accompagnement de gestionnaires, auprès des conseillères et conseillers d’orientation dans le secteur scolaire (Bourassa et Patton, 2015).

Dans la présente conférence, la réflexion portera sur l’implantation du codéveloppement dans deux situations éducatives, soit la supervision de stage d’intervention en groupe (formation initiale en sciences de l’orientation) et la formation continue des professionnelles et professionnels d’orientation oeuvrant au secondaire et au collégial au Québec. À partir d’une présentation du modèle adapté de codéveloppement, nous tenterons d’illustrer comment cette approche de supervision appuie la socialisation au métier de conseillère ou conseiller d’orientation en formation initiale et participe du développement professionnel dans des situations complexes et inédites. Nous brosserons un portrait de la portée et des limites du codéveloppement professionnel dans ces contextes éducatifs.

Résumé du colloque

Ce colloque interdisciplinaire vise à partager des réflexions et des résultats issus de recherches à propos de la supervision dans les métiers de la relation (Doucet et Viviers, 2016), expression privilégiée ici pour désigner toute pratique d’accompagnement individuel et collectif. Compte tenu des transformations des pratiques et de la complexité des situations et des contextes dans lesquels œuvrent les praticiens et les stagiaires, il importe de s’interroger sur cette composante importante de la formation initiale et continue. Ce colloque constitue une occasion de réunir différents acteurs (étudiants, professionnels, professeurs, chercheurs) concernés par le sujet de la supervision.

Au cours des dernières décennies, plusieurs phénomènes ont contribué à transformer les contextes dans lesquels exercent les praticiens des métiers de la relation (Doucet et Viviers, 2016). À titre d’exemples, la prégnance des thèses associées au néolibéralisme et l’introduction de principes du secteur marchand dans bon nombre d’organisations qui les emploient (Bresson, Jetté et Bellot, 2013; Chauvière, 2010), l’implantation de politiques dites « d’activation », qui contribuent à orienter les pratiques vers une normalisation des conduites (Gonin et al., 2012; Namian, 2016), et une individualisation des problèmes sociaux pourtant dénoncée depuis plusieurs décennies (Seidman et Rappaport, 1986) posent d’important défis aux praticiens. Ils sont de plus incités à investir des espaces de collaboration avec d’autres acteurs qui ne se traduisent pas toujours par la reconnaissance des différentes expertises mises en présence.

En plus de bousculer les valeurs humanistes traditionnellement associées à leur travail (Bresson, 2015), ces phénomènes peuvent conduire certains praticiens à une perte de sens (Grenier, Bourque et St-Amour, 2016). Ils soulèvent également de nombreux défis pour la formation initiale et continue des praticiens. La supervision, en tant qu’espace interactif de réflexion et d’action entre une ou plusieurs personnes (Neufeldt, 1997; Goodyear, 2014), devient importante pour relever ces défis, que ce soit pour développer une conscience critique et un regard renouvelé sur les situations rencontrées (Healy, 2014), dégager des apprentissages et des marges de manœuvre pour agir dans des contextes contraignants (Chaubet et al., 2013), investir des espaces de travail en commun ou encore se décentrer des « prêt-à-penser » (Perrenoud, 2012).

Ce colloque est une invitation à réfléchir aux défis, aux enjeux et aux différentes perspectives de la supervision comme espace possible de renouvellement, de transformation des pratiques et d’émancipation.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
Discutant-e- de la session : Josée Grenier
section icon Date : 8 mai 2018

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