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Fabien DURIF : UQAM - Université du Québec à Montréal
Si l’économie de plateformes collaboratives crée des possibilités nouvelles aussi bien pour les citoyens
que pour les entrepreneurs, elle pose également certaines problématiques pour les opérateurs en place et
les pratiques existantes. L’effet disruptif des nouveaux modèles d’affaires collaboratifs sur nos modes de
production et de consommation ainsi que sur les relations entre les autorités publiques et les citoyens
s’avère majeur. Face à ces reconfigurations majeures de l’échange marchand, quels sont les véritables
enjeux auxquels doivent répondre nos sociétés? À l’aide d’une étude menée auprès de plateformes
collaboratives au Québec (cinq entrevues et enquête auprès de 69 plateformes) et d’un panel de 1005
personnes représentatives de la population du Québec, cette communication propose un cadre de réflexion
sur les enjeux de l’économie collaborative au niveau : de l’impact environnemental et sociétal; de l’accès
au marché; du statut de l’utilisateur; de la protection du consommateur; de la responsabilité des
plateformes; de la transformation des formes du travail; et de la fiscalité.
De manière croissante, la consommation contemporaine s’effectue moins dans le cadre de la relation commerciale monétisée classique entre un acheteur et un marchand, et davantage au sein de configurations consommatoires nouvelles ou réinventées, dont la portée dépasse les cloisonnements historiques des frontières, des classes sociales, ou des cultures : marché de l’occasion, systèmes de troc, systèmes d’échanges locaux, économies de plateformes, consommation fondée sur l’accès libre ou gratuit. Si la consommation peut être définie comme une satisfaction des besoins, celle-ci se réalise également par le canal de la réparation, de la production (ex. : agriculture urbaine, potagers collectifs), ou encore de la réutilisation. Ces configurations ont pour effet de fragmenter les normes de la consommation et de bouleverser le cadre de la relation de consommation, avec des conséquences importantes notamment pour la raison d’être et l’activité des organisations, ainsi que pour l’emploi.
Paradoxalement, alors que les rapports d’échange (et donc, de création de valeur) dépassent le cadre de la consommation classique, les dispositifs de suivi de l’activité économique, ainsi que la majeure partie des travaux scientifiques et managériaux sur l’échange et la consommation, continuent à prendre l’entreprise, garante de la consommation traditionnelle, comme unité d’analyse. Pour comprendre les relations de consommation contemporaines, il apparaît donc nécessaire de déplacer l’objet d’analyse du plan de l’entreprise à celui du système de circulation de ressources ou de la chaîne de valeur, afin de prendre en compte la nature des relations entre les entreprises et les autres acteurs de l’économie, dont les organisations et associations, les autorités publiques et, surtout, les individus. En outre, c’est de plus en plus sur ce plan individuel que se développent les innovations en matière d’échange et de consommation.
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