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L’éthique dans la recherche auprès de personnes dites « vulnérables » : analyse et réflexion à partir de situations tirées de projets de recherche menés auprès de personnes « en situation de précarité résidentielle

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Pierre-Luc Lupien : Cégep de la Gaspésie et des Îles

Résumé de la communication

L’usage en sciences sociales d’un modèle issu de la bioéthique soulève la question de l’autonomie de la discipline. Celle-ci implique des considérations politiques plus larges rarement discutées comme les choix de financement de la recherche et ceux des sujets prioritaires à étudier. Comme le rappelle Gingras, « ce sont les élus (ou les dirigeants) et non les scientifiques qui décident des budgets accordés aux différentes sciences et fixent les grandes priorités » (2017 :24). Dans le cas spécifique des projets portant sur des populations dites « vulnérables », la priorité accordée d’emblée à ces populations sous l’angle de leur « problème » reste peu questionnée sur le plan éthique, et ce, malgré les risques associés à ce type de désignation, notamment celui de leur étiquetage social. Dans cette communication, ces questions seront explorées à travers l’analyse de situations tirées de projets de recherche menés auprès de personnes dites en situation de « vulnérabilité ». À l’instar de Sabourin (2009), l’analyse de ces projets devrait nous permettre de saisir l’importance de considérer l’éthique tout au long de la recherche et non uniquement comme une étape préalable à son approbation administrative. Cette communication se veut aussi une contribution à l’élaboration de critères éthiques propres aux sciences sociales qui leur permettront de se dégager de la définition institutionnelle des populations en fonction de leur « problème ».

Résumé du colloque

Les questions éthiques pré-occupent de plus en plus les sciences sociales tant au Québec qu'ailleurs dans le monde. Le débat est souvent centré sur la question de la protection des sources, s'agissant sans doute d’un problème plus largement partagé par d'autres pratiques, notamment celle des journalistes qui relaient ce danger sur l'autonomie de leur profession. La protection des sources est une question fondamentale qui n'épuise cependant pas la dimension éthique de la recherche, mais révèle tout de même une lecture implicite faite par les intéressés qu’ils soient commanditaires, gestionnaires, universitaires, politiciens, propriétaires de compagnies privées ou citoyens.

Cette lecture concerne les attentes vis-à-vis les sciences sociales qui renvoient à la localisation sociale des savoirs ou aux positionnements socialement situés. Comment se formule cette dimension éthique à travers un comité pluridisciplinaire en parallèle à la recherche, dans les organismes publics, parapublics, communautaires, etc.? Quelle(s) position(s) assigne-t-on à l’observateur et l’observatrice à travers les exigences, les attendus et les craintes? Quelles attentes les milieux de pratique ou d’intervention ont-ils pour la recherche et comment ces attentes s’imposent-elles aux chercheurs? À l’inverse, comment les chercheurs en sciences sociales définissent-il les enquêtés, les commanditaires et les autres partenaires dans leurs recherches? Le « problème éthique » déborde la question de la confidentialité des sources et celle d’un « certificat éthique », s'inscrivant au cœur des rapports sociaux et de la normativité des conduites humaines. Ces questions posent plus généralement la question de l’autonomie et de la spécificité de la recherche scientifique trop souvent réduite à une opposition caricaturale entre «fondamentale» et «appliquée». Elles posent en outre le caractère scientifique de la recherche, elle-même prise entre deux orientations quant au caractère situé de toute connaissance.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
manager icon Responsables :
Emmanuelle Bernheim
section icon Date : 8 mai 2018

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