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L'ethnographie en ligne et sa dimension éthique: le cas du partage d'informations juridiques sur les médias sociaux

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Alexandra Bahary-Dionne : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Déjà mobilisées par la recherche en communication depuis les années 90, les méthodes de recherche en ligne s’élargissent à plusieurs champs disciplinaires, ce qui soulève plusieurs défis éthiques et épistémologiques. Non seulement le contexte numérique requiert des adaptations méthodologiques pour préserver la confidentialité des participant.e.s, mais il peut impliquer une reconceptualisation de la posture de l’observatrice.

Notre projet de mémoire, qui consiste en une ethnographie en ligne du partage d’information juridique entre les internautes sur des groupes Facebook, est confronté à ces défis. Les services juridiques étant de plus en plus financièrement inaccessibles, plusieurs internautes se tournent vers l’information sur les médias sociaux. Nous croyons que l’approche ethnographique permet de centrer notre recherche sur leurs expériences, ce qui pourrait contribuer à l’avancement des connaissances sur les enjeux actuels en matière d'accès à l'information juridique. Cette présentation démontera que la recherche en ligne implique plusieurs réflexions d’ordre éthique. D’abord, comment appréhender le consentement des participant.e.s à l’ère où notre présence en ligne génère autant de données qui sont des outils de surveillance pour les secteurs publics et privés? Ensuite, comment la recherche en ligne contribue à une réflexion globale sur la posture de l’observatrice?

Résumé du colloque

Les questions éthiques pré-occupent de plus en plus les sciences sociales tant au Québec qu'ailleurs dans le monde. Le débat est souvent centré sur la question de la protection des sources, s'agissant sans doute d’un problème plus largement partagé par d'autres pratiques, notamment celle des journalistes qui relaient ce danger sur l'autonomie de leur profession. La protection des sources est une question fondamentale qui n'épuise cependant pas la dimension éthique de la recherche, mais révèle tout de même une lecture implicite faite par les intéressés qu’ils soient commanditaires, gestionnaires, universitaires, politiciens, propriétaires de compagnies privées ou citoyens.

Cette lecture concerne les attentes vis-à-vis les sciences sociales qui renvoient à la localisation sociale des savoirs ou aux positionnements socialement situés. Comment se formule cette dimension éthique à travers un comité pluridisciplinaire en parallèle à la recherche, dans les organismes publics, parapublics, communautaires, etc.? Quelle(s) position(s) assigne-t-on à l’observateur et l’observatrice à travers les exigences, les attendus et les craintes? Quelles attentes les milieux de pratique ou d’intervention ont-ils pour la recherche et comment ces attentes s’imposent-elles aux chercheurs? À l’inverse, comment les chercheurs en sciences sociales définissent-il les enquêtés, les commanditaires et les autres partenaires dans leurs recherches? Le « problème éthique » déborde la question de la confidentialité des sources et celle d’un « certificat éthique », s'inscrivant au cœur des rapports sociaux et de la normativité des conduites humaines. Ces questions posent plus généralement la question de l’autonomie et de la spécificité de la recherche scientifique trop souvent réduite à une opposition caricaturale entre «fondamentale» et «appliquée». Elles posent en outre le caractère scientifique de la recherche, elle-même prise entre deux orientations quant au caractère situé de toute connaissance.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
manager icon Responsables :
Emmanuelle Bernheim
section icon Date : 8 mai 2018

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