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Prudence Hannis : Institution Kiuna
Kiuna, le seul centre d’études collégiales des Premières Nations au Québec, est un exemple concret de décolonisation de l’éducation. Comment influence-t-il les trajectoires scolaires et sociales de ses diplômés ? En février dernier, une vingtaine de finissants se sont exprimés sur le sujet. Leurs expériences de jeunes des Premières Nations venant de diverses communautés du Québec ont su toucher les cœurs et provoquer les esprits. Les participants, au nombre d’une centaine, ont pu prendre la parole et faire part de leurs diverses réactions aux propos des diplômés de Kiuna. Des convergences insoupçonnées ont été repérées au fur et à mesure que les expériences des panélistes et des participants trouvaient leurs échos respectifs. Cette présentation se veut un retour sur les témoignages d’une grande richesse qui ont su stimuler les réflexions des professionnels présents.
Les données statistiques de la scolarisation des jeunes Autochtones au Canada indiquent que la majorité d’entre eux n’accèdent pas à la réussite au même niveau que les autres Canadiens et Québécois (Statistique Canada, 2016). La commission Vérité et réconciliation (2015) remet en question les systèmes éducatifs coloniaux. Elle appelle à la décolonisation de l’éducation par la transformation de ces systèmes à la faveur des élèves de culture et d’identité autochtones. Agir dans une perspective de décolonisation requiert des actions fondées sur la reconnaissance de l’égalité de tous les humains dans leur différence sociale et culturelle.
Si une pratique de décolonisation de l’éducation en milieu autochtone se développe depuis une trentaine d’années au Québec (Canada), en Araucania (Chili), un projet d’éducation interculturelle s’inscrit à l’agenda depuis aussi longtemps. Les fondements de la démarche sont éthiques, politiques et épistémologique. Les discours et les pratiques peuvent être examinés selon trois perspectives : 1) une perspective de droits en référence à la Déclaration des droits des peuples autochtones, qui affirme l’égalité des droits dans la différence; 2) une perspective épistémologique qui met en évidence la réalité particulière de deux épistémès, l’un autochtone et l’autre euro-occidental; et 3) une perspective d’interculturalité : les acteurs en situations reconnaissent l’égalité des savoirs et connaissances en présence, dont le mode de construction, de transmission et d’acquisition fait référence à une culture particulière. Ces mêmes acteurs cherchent également à coconstruire un dialogue.
Dans une perspective de décolonisation, la réussite éducative et scolaire de tous les jeunes, autochtones et non autochtones, justifie et guide les prises de décision et les actions de tous les acteurs à tous les échelons institutionnels. Ce colloque propose d’expliciter le sens et d’explorer les défis de la décolonisation de l’éducation au Canada et au Chili.
Titre du colloque :