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Quentin Marron : Université Grenoble Alpes
Dans un contexte de mutation des territoires, de « nouveaux modes de connaissances partagées et de gouvernances collaboratives» entre les acteurs publics, privés et « usagers » émergent, créant des systèmes d’acteurs aux modèles d’organisation originaux. Portés par les TIC, des espaces d’innovations ouverts et usagers tels que les Living Labs, émergent depuis une dizaine d’années sur les territoires.
La multiplication de ces nouveaux « lieux » au cœur ou aux marges de politiques publiques des collectivités territoriales s’accompagnent d’une sémantique associée à des innovations tant technologiques, environnementales que sociales. Ces lieux, ainsi, font l’objet de fascination, d’effets rhétoriques, de déclarations d’intentions et d’idéaux auto-réalisateurs. Les Living Labs produiraient des effets transformatifs considérés comme allant de soi, en faisant ainsi, l’économie d’une réflexion quant à l’effectivité de leurs portées sur le territoire et la société.
Or il faut dépasser ces promesses pour comprendre dans quelle mesure ces nouveaux lieux, nouvelles pratiques et nouveaux outils redessinent les contours des politiques publiques locales, des territoires et de la société.
Pour éclairer cette réflexion, une enquête de terrain a été déployée sur des espaces et méthodes différentes. Tout d’abord une enquête comparative en France auprès des porteurs de Living Labs. Ensuite une étude comparative sur les deux terrains d’étude que ce sont le Tubà à Lyon et l’Urban Lab à Paris auprès de différentes parties prenantes.
Il s’agit d’analyser les innovations sociales (IS) face aux défis écologiques et aux inégalités sociales par la réflexion sur le lien entre des expérimentations locales, réalisées dans des milieux de travail, des entreprises collectives ou des organismes de la société civile, et le développement des territoires et la transition sociétale:
Dans quelle mesure des IS menées localement peuvent-elles changer les modes d’action en développement territorial et influencer les politiques publiques et insuffler une transition sociétale?
Quels défis accompagnent la croissance des organismes, en termes de taille, de mandat, d’échelle d’activité ? Dans quelle mesure la croissance des organismes participe-t-elle à la transition sociétale ? Comment les processus d’institutionnalisation des IS, entendue comme pérennisation et systématisation, parfois via des politiques publiques, renforcent ou fragilisent les expérimentations locales ?
Quels liens établir entre les expérimentations pour contrer les inégalités entre territoires ?
L’ancrage des IS dans un territoire est souvent vu comme une condition nécessaire, pour s’appuyer sur ses spécificités, ses ressources (sociales, culturelles, économiques), sa « résilience ». Mais les territoires sont très inégalement dotés. Sans un mécanisme d’équilibre plus global, ne risque t’on pas d’exacerber ces inégalités, voire cette concurrence, entre territoires ? A contrario, quels modes de transfert et de circulation des pratiques et savoirs entre les territoires pourraient diminuer ces inégalités ?
Comment définir des arbitrages et principes communs, par-delà l’émiettement des initiatives locales, en vue d’une transformation sociale ?
Le déploiement des IS se fait parfois en invoquant des principes de justice sociale, d’urgence environnementale ou d’exigence démocratique. Ce sont à la fois des principes importants, mais souvent assez flous. Du point de vue conceptuel comme de la pratique, dans quelle mesure peut-on articuler ces principes ?
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