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Nancy Poirier : UQO - Université du Québec en Outaouais
S'il est difficile de dénoncer une situation de harcèlement sexuel ou d'agression sexuelle pour une victime, lorsque le harcèlement ou l'agression sexuelle se déroule dans un contexte de stage, les obstacles auxquels sont confrontés les étudiant.e.s peuvent sembler insurmontables. À partir du moment où un.e étudiant.e a le courage de dénoncer, quelles sont les étapes à suivre? Comment l'accompagner et garder l'équilibre entre s'assurer de sa sécurité, lui laisser le contrôle sur le processus et faire le nécessaire pour assurer la réussite du stage ? Quels sont les enjeux auxquels sont confronté.e.s les étudiant.e.s qui dénoncent, leur milieu de stage et le milieu universitaire? De quels outils disposent les responsables de la formation pratique dans de telles situations? À partir d’une perspective féministe, cette présentation prendra appui sur une étude de cas afin de susciter les échanges et la mise en commun des diverses expériences des participants.
Ce colloque interdisciplinaire vise à partager des réflexions et des résultats issus de recherches à propos de la supervision dans les métiers de la relation (Doucet et Viviers, 2016), expression privilégiée ici pour désigner toute pratique d’accompagnement individuel et collectif. Compte tenu des transformations des pratiques et de la complexité des situations et des contextes dans lesquels œuvrent les praticiens et les stagiaires, il importe de s’interroger sur cette composante importante de la formation initiale et continue. Ce colloque constitue une occasion de réunir différents acteurs (étudiants, professionnels, professeurs, chercheurs) concernés par le sujet de la supervision.
Au cours des dernières décennies, plusieurs phénomènes ont contribué à transformer les contextes dans lesquels exercent les praticiens des métiers de la relation (Doucet et Viviers, 2016). À titre d’exemples, la prégnance des thèses associées au néolibéralisme et l’introduction de principes du secteur marchand dans bon nombre d’organisations qui les emploient (Bresson, Jetté et Bellot, 2013; Chauvière, 2010), l’implantation de politiques dites « d’activation », qui contribuent à orienter les pratiques vers une normalisation des conduites (Gonin et al., 2012; Namian, 2016), et une individualisation des problèmes sociaux pourtant dénoncée depuis plusieurs décennies (Seidman et Rappaport, 1986) posent d’important défis aux praticiens. Ils sont de plus incités à investir des espaces de collaboration avec d’autres acteurs qui ne se traduisent pas toujours par la reconnaissance des différentes expertises mises en présence.
En plus de bousculer les valeurs humanistes traditionnellement associées à leur travail (Bresson, 2015), ces phénomènes peuvent conduire certains praticiens à une perte de sens (Grenier, Bourque et St-Amour, 2016). Ils soulèvent également de nombreux défis pour la formation initiale et continue des praticiens. La supervision, en tant qu’espace interactif de réflexion et d’action entre une ou plusieurs personnes (Neufeldt, 1997; Goodyear, 2014), devient importante pour relever ces défis, que ce soit pour développer une conscience critique et un regard renouvelé sur les situations rencontrées (Healy, 2014), dégager des apprentissages et des marges de manœuvre pour agir dans des contextes contraignants (Chaubet et al., 2013), investir des espaces de travail en commun ou encore se décentrer des « prêt-à-penser » (Perrenoud, 2012).
Ce colloque est une invitation à réfléchir aux défis, aux enjeux et aux différentes perspectives de la supervision comme espace possible de renouvellement, de transformation des pratiques et d’émancipation.
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