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Roy Nicolas : Université Laval
Depuis plusieurs décennies, les régions de l’Est-du-Québec connaissent un vieillissement démographique et un dépeuplement accélérés par les migrations des jeunes vers les principaux centres métropolitains de la province de Québec (Mathews 1996 ; Morin, 2013). Or, depuis 2002, les MRC gaspésiennes d’Avignon et de Bonaventure ont connu une diminution de leur déficit démographique annuel, culminant pour la période 2008-2012 par des gains migratoires et une croissance de population (ISQ, 2016). Dans la foulée des travaux sur le développement des régions du Québec (Jean, 1997 ; Polèse, 2009 ; Proulx, 2011), ce mémoire jette un regard original sur de nouvelles tendances dans l’occupation d’un territoire « rural », « périphérique » et « ressource ».
À partir d’un échantillon de migrants et de migrantes, une étude des représentations sociales (Abric, 2001) a été réalisée dans l’intention de rendre intelligible le discours des jeunes concernant leur propre parcours migratoire, leur intégration au milieu d’accueil et leur vision du développement de la région. L’analyse amène à penser que l’expérience métropolitaine et le partage de la mémoire sociale (Halbwachs, 1970) du lieu sont déterminants dans la construction des représentations. Leur discours exprime l’idée d’un milieu enrichi d’une urbanité distincte de celle des villes, d’une intégration confrontée à l’interconnaissance de la communauté d’accueil et d’un développement du secteur primaire qui détériore leur projet migratoire.
Ce colloque s’articule autour de la dimension territoriale et de ses effets sur les vécus et les trajectoires de vie des jeunes.
Bien qu’elles puissent être conceptualisées de diverses manières, les notions d’espace et de territoire s’avèrent être des éléments fondamentaux influençant les expériences et les trajectoires individuelles et collectives des jeunes. Par conséquent, tant la recherche que les politiques publiques et l’intervention sociale doivent tenir compte de la perspective territoriale. Celle-ci nous informe de manière précise sur les populations, ainsi que sur les dynamiques territoriales dans lesquelles elles sont engagées.
Or, mis à part certaines études très spécialisées telles que les neighbourhood effects studies ou, dans le cas du Québec, l’enquête menée par le Groupe de recherche sur la migration des jeunes dans les années 1990, l’enjeu territorial n’est pas toujours problématisé et analysé en profondeur. Par conséquent, ce colloque vise à faire le point sur les rapports entre le territoire et les vécus et trajectoires des jeunes.
Ce colloque sera donc l’occasion de rassembler des contributions d’ordre divers : théorique, épistémologique, méthodologique, études de cas, etc., en lien avec la notion de territoire et ses relations avec les vécus et les parcours des jeunes. Ces contributions aborderont des éléments liés à l’analyse des mécanismes sociospatiaux par lesquels les territoires peuvent façonner les expériences et les parcours des jeunes (et réciproquement) dans différentes sphères de la vie (éducation et trajectoires scolaires, emploi et carrière, milieux de vie et trajectoire résidentielle, etc.) et de manière plus générale avoir une influence sur le parcours des jeunes dans une perspective de développement humain global.
Les travaux empiriques présentés concerneront différents types de territoires : urbains, ruraux, périurbains, etc.
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