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Parodies musicales en ligne. Travestissement sonore intermédial et rituel « cultiste »

AG

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Annick Girard : Collège militaire royal de Saint-Jean

Résumé de la communication

Si le travestissement vestimentaire s'impose en parodie, le travestissement sonore que révèle le doublage sonore parodique se joue des apparences, mise sur l'illusion en trompant le regard et en occultant l'intermédialité/transmédialité parfois sous-jacentes. Véritable rite de passage, le travestissement sonore est parfois basé sur une intermédialité aux effets troublants, à savoir la création d'« un autre des mêmes » partagé entre une tradition iconoclaste de la culture populaire et une cristallisation des objets qui se côtoient sans se fondre. Notre communication vérifiera les effets de cette friction quand le cultisme associe une chanson populaire aux images d'un film qui ne saurait la contenir. Ainsi, les chansons cultes Beat it (1982) et Gangnam Style (2012) associées aux images de La chute (2004) d'Hirschbiegel travestissent auditivement ce film : Hitler est alors parodié par des célébrations cultistes musicales iconoclastes intermédiales. Ces chansons cultes préservent leur identité et ce qu'elles représentent, conservent cette autonomie essentielle pour que les dispositifs cinématographiques n'éclipsent pas la musique. Ces succès mondiaux, célébrés en ligne et en concert, revêtent donc une parodicité critique d'un Hitler mélomane facétieux mais fascinant à travers un cycle renouvelé d'hommages cultistes troublants.

Résumé du colloque

L’intermédialité peut référer autant à un phénomène qu’à une perspective d’analyse. Les phénomènes intermédiaux s’expriment en pratiques sociales, dont les pratiques artistiques et rituelles « hors place » (R. Grimes), c'est-à-dire, relevant de l’intermédialisation dans les domaines de la signification et de la communication. En tant que perspective, l’intermédialité désigne un « axe de pertinence » (Müller, Villeneuve, Marinello) qui considère les médias comme des processus marqués par des interactions constantes.

L’intermédialité est ainsi à la fois un objet à analyser, une dynamique des échanges sociaux et une approche (Éric Méchoulan). En tant qu’objet, elle concerne les relations entre les médias. Comme dynamique, elle permet l’évolution et la création de médias. En tant qu’approche, elle fait partie d’un système épistémologique qui met en question les sciences humaines en faisant ressortir l’importance de la perception, de l’expérience, de la technique.

Les rites, religieux ou profanes, peuvent être considérés comme des pratiques intermédiales. Ils ont recours à des médias variés, pouvant constituer des phénomènes intermédiaux et se situer au cœur d’un ou de plusieurs processus d’intermédialisation. Ce colloque accueillera des propositions de communication sur les rites sous l’angle de l’intermédialité ainsi que des contributions visant l’approfondissement des enjeux de l’intermédialité centrés sur la ritualité. Plus concrètement, on se confrontera aux questions suivantes : comment analyser un rite comme objet intermédial? Dans quelle mesure la ritualité peut-elle aider à mieux saisir les dynamiques de l’intermédialité? Comment rendre compte des relations entre les médias rituels et les autres médias? Quelle est la contribution spécifique d’une approche intermédiale à l’étude des rites? Quelle est l’importance des perspectives sur la ritualité pour l’intermédialité?

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
news icon Thème du colloque :
Rites et intermédialité
Discutant-e- de la session : Bértold Salas Murillo
section icon Date : 8 mai 2018

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Titre du colloque :

Rites et intermédialité

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Thème du colloque :

Rites et intermédialité