pen icon Colloque
quote

Perceptions des stagiaires en travail social sur la relation de supervision

GK

Membre a labase

Geneviève Karsenty : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

La communication proposée vise à présenter les résultats préliminaires d’une recherche menée lors de la réalisation d’un mémoire en travail social portant sur la compréhension de la relation de supervision, en contexte de stage universitaire. La supervision constitue un élément important dans l’accompagnement, la réussite des apprentissages pratiques et le développement de l’identité professionnelle en travail social. L’efficacité de la supervision repose en grande partie sur la relation qui se développe entre le superviseur et le supervisé. La relation de supervision se base en principe sur une alliance entre le superviseur et le supervisé qui vont tous deux contribuer au fonctionnement de celle-ci. L’intérêt de cette recherche porte spécifiquement sur la compréhension du rôle du supervisé, ainsi que sa contribution, dans la construction de l’alliance de supervision en travail social. Dans le cadre d’une approche phénoménologique, une description détaillée de l’expérience a été obtenue suite à des entrevues semi-dirigées auprès de 14 étudiants en travail social. L’information collectée permet de mieux comprendre le processus par lequel l’alliance de supervision se construit et éventuellement de mieux outiller et accompagner les supervisés. Bien que la littérature démontre un intérêt pour la relation de supervision, peu d’information à ce jour indique comment les supervisés en travail social perçoivent leur propre rôle.

Résumé du colloque

Ce colloque interdisciplinaire vise à partager des réflexions et des résultats issus de recherches à propos de la supervision dans les métiers de la relation (Doucet et Viviers, 2016), expression privilégiée ici pour désigner toute pratique d’accompagnement individuel et collectif. Compte tenu des transformations des pratiques et de la complexité des situations et des contextes dans lesquels œuvrent les praticiens et les stagiaires, il importe de s’interroger sur cette composante importante de la formation initiale et continue. Ce colloque constitue une occasion de réunir différents acteurs (étudiants, professionnels, professeurs, chercheurs) concernés par le sujet de la supervision.

Au cours des dernières décennies, plusieurs phénomènes ont contribué à transformer les contextes dans lesquels exercent les praticiens des métiers de la relation (Doucet et Viviers, 2016). À titre d’exemples, la prégnance des thèses associées au néolibéralisme et l’introduction de principes du secteur marchand dans bon nombre d’organisations qui les emploient (Bresson, Jetté et Bellot, 2013; Chauvière, 2010), l’implantation de politiques dites « d’activation », qui contribuent à orienter les pratiques vers une normalisation des conduites (Gonin et al., 2012; Namian, 2016), et une individualisation des problèmes sociaux pourtant dénoncée depuis plusieurs décennies (Seidman et Rappaport, 1986) posent d’important défis aux praticiens. Ils sont de plus incités à investir des espaces de collaboration avec d’autres acteurs qui ne se traduisent pas toujours par la reconnaissance des différentes expertises mises en présence.

En plus de bousculer les valeurs humanistes traditionnellement associées à leur travail (Bresson, 2015), ces phénomènes peuvent conduire certains praticiens à une perte de sens (Grenier, Bourque et St-Amour, 2016). Ils soulèvent également de nombreux défis pour la formation initiale et continue des praticiens. La supervision, en tant qu’espace interactif de réflexion et d’action entre une ou plusieurs personnes (Neufeldt, 1997; Goodyear, 2014), devient importante pour relever ces défis, que ce soit pour développer une conscience critique et un regard renouvelé sur les situations rencontrées (Healy, 2014), dégager des apprentissages et des marges de manœuvre pour agir dans des contextes contraignants (Chaubet et al., 2013), investir des espaces de travail en commun ou encore se décentrer des « prêt-à-penser » (Perrenoud, 2012).

Ce colloque est une invitation à réfléchir aux défis, aux enjeux et aux différentes perspectives de la supervision comme espace possible de renouvellement, de transformation des pratiques et d’émancipation.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
Discutant-e- de la session : Josée Grenier
section icon Date : 8 mai 2018

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :