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Claire Deschênes
La proportion des femmes professionnelles en génie est encore faible au Québec, moins de 15 %. Leur intégration présente encore des écarts en termes de fonctions occupées et de salaire. Le défi général est donc toujours le même aujourd’hui qu’il y a 30 ans : faire changer les mentalités pour favoriser une meilleure inclusion des femmes en génie.
La littérature montre que la problématique des femmes en génie a bien été étudiée au niveau universitaire depuis une vingtaine d’années au Québec. Par contre, la réalité des ingénieures dans la pratique professionnelle reste insuffisamment documentée. Cette communication permettra de jeter quelques lumières sur les aspects organisationnels de leur réalité, comment elles ont progressé au sein des entreprises dans lesquelles elles travaillent, les enjeux et obstacles qu’elles ont rencontrés. On examinera au passage leur motivation pour la profession de génie et comment elles ont vécu les premières années en carrière. Comme l’échantillon de femmes interviewées pour cette recherche comprend des ingénieures travaillant dans des firmes de génie conseil, dans de grandes entreprises technologiques, dans le secteur public, ainsi que des professeures d’université en génie, leurs réalités différentes seront mises en lumière par des comparaisons.
La sous-représentation des femmes en génie n’est pas un phénomène social nouveau. Depuis les années 1970, le pourcentage de femmes aux études universitaires en génie a augmenté jusqu’à un maximum dans les années 1990, mais il dépasse à peine 20 % depuis lors (Ingénieurs Canada, 2015). Qu’est-ce qui cause problème? Bien qu’on ait mis en œuvre une multitude de programmes de sensibilisation auprès des jeunes filles depuis les années 1990, le pourcentage de participation des filles aux études en génie demeure faible. L’absence des femmes dans les facultés de génie prive non seulement les jeunes femmes de mentorat et de modèles féminins qui auraient pu les inspirer à poursuivre une carrière en science et technologie, mais elle prive aussi la communauté scientifique et la société en général d’un grand nombre de talents et de domaines de recherche touchant surtout le bien-être des femmes (Larivière, 2014). Sugimoto, Ni, West et Larivière (2015) révèlent que le taux de brevetage d’invention des femmes en génie au 20e siècle était de moins de 2 %. Ces mêmes chercheurs soutiennent que l’absence de modèles féminins justifierait le faible taux de travaux de recherche des femmes en génie, ce qui expliquerait le pourcentage négligeable de brevetage chez les femmes. D’autres chercheurs suggèrent qu’il est impératif qu’il y ait une attraction mutuelle entre les femmes et les domaines scientifiques.
Dans ce colloque, nous voulons rassembler des étudiants et étudiantes de 1er, 2e et 3e cycles, leurs professeurs à temps plein en génie, des administrateurs ainsi que des professionnels de terrain, hommes et femmes qui œuvrent dans les entreprises publiques et privées et qui s’intéressent au génie afin de débattre de la sous-représentation des femmes en génie et des avenues de solutions pour y pallier.
Titre du colloque :