Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Ghislain Christian Mezimes Soboth : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Le management de projets discipline autonome en sciences de gestion épouse plusieurs paradigmes (Padalkar et Gopinath, 2016). Confronté à la projectification des organisations (Midler, 2008 ; Godenhjelm et al, 2015), sa pratique mobilise diverses méthodologies (Drob et Cicmil, 2010) en vue du succès de projet (Pinto et Slevin, 1987). Trois décennies de recherches obligent à constater l’impossible définition du succès de projet et appellent d’autres perspectives d’évaluation de la réalisation de projet dont la qualité de projet. Thématique récurrente des principales méthodologies de management de projets (PMBOK, PRINCE2, ICB-IPMA, ISO 21500) axée sur la satisfaction des parties prenantes, la qualité de projet se pose en ultima-ratio du management de projets (Heisler, 1990 ; Anderson, 1992; Bubshait, 1994; Zulu et Brown, 2004 ; Geraldi, Kutsch et Turner, 2011 ; Asad et Pinnington, 2014; Heravi, Coffey et Trigunarsyah, Vartiak, 2015). Elle est le meilleur proxy d’évaluation de la satisfaction des attentes des parties prenantes (Vartiak, 2015). Dans une quête de la qualité de projet, au regard de ses fondements théoriques ancrée dans la logique du Rethinking Project Management (Cicmil et al, 2006 ; Svejvig et Andersen, 2015), la présente communication met en lumière l’exigence de multidisciplinarité et transdisciplinarité en management de projets.
La recherche en management de projet (MP) a connu une évolution importante ces dernières années grâce notamment au passage d’approches unidisciplinaires vers des approches multidisciplinaires. En plus des théories liées à la gestion des opérations, beaucoup de travaux portant sur le MP puisent en effet aujourd’hui dans des disciplines aussi variées que l’économie, la psychologie ou encore la théorie des organisations. Ces travaux ont porté des regards différents sur un même objet, le MP, enrichissant ainsi la base théorique du domaine, mais en en fragmentant les savoirs.
Cette fragmentation fait aujourd’hui l’objet de débats. Pour certains, elle expose le manque d’autonomie de la recherche en MP, suggérant que celui-ci n’aurait pas atteint le statut de discipline universitaire (Lalonde et Bourgault, 2013). Pour d’autres, il semble que cette fragmentation reflète la diversité des pratiques et des contextes de production des savoirs, ajoutant ainsi à la complexité du domaine (Bresnen, 2016). Dans la perspective de ces débats, beaucoup suggèrent finalement d’orienter la recherche en MP vers des approches caractérisées par des collaborations transdisciplinaires et par une plus grande proximité avec la pratique (Drouin et coll., 2016).
Si le passage d’approches multidisciplinaires vers des approches plus transdisciplinaires semble en effet pouvoir répondre à la volonté d’une meilleure intégration des connaissances, d’importantes questions demeurent. En tout premier lieu, la signification même de la transdisciplinarité et la réalité de ses vertus spécifiques par rapport la multidisciplinarité restent pour le moins floues (Kesterman, 2004). Le colloque proposé a donc pour objectif de réunir chercheurs, étudiants et professionnels en MP intéressés à discuter des enjeux de la multidisciplinarité et de la transdisciplinarité dans la production de connaissances en MP par le truchement de recherches traitant précisément de ces questions ou illustrant l’une ou l’autre de ces approches.
Titre du colloque :