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Quelques jalons pour une théorie des innovations sociales et de la transformation sociale

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Paul-André Lapointe : Université Laval

Résumé de la communication

Pour aborder la question des nouveaux modèles d’action devant influencer la transition écologique, force est de s’appuyer sur une théorie des innovations sociales et de la transformation sociale qui soit susceptible de définir et de relier ensemble ces deux concepts. Sans minimiser les efforts récents qui proposent des réponses avec les « utopies réalistes » (Bergman 2016) et les « utopies réelles » (Wright 2017), plusieurs étapes théoriques s’imposent. Il faut d’abord caractériser les innovations sociales par leur potentiel de remise en cause de l’ordre existant et spécifier la signification de cette remise en cause en identifiant les acteurs et les groupes sociaux dont elle favorise les intérêts. Il est ensuite nécessaire d’élaborer un modèle de diffusion et d’institutionnalisation des innovations sociales, qui expliquerait la contribution de ces dernières à la transformation sociale, dont il faudrait également préciser l’orientation. Dans ce processus de diffusion et d’institutionnalisation, il faut enfin s’interroger sur la place de l’action collective. En s’inspirant d’un bilan des expériences d’innovations sociales en milieu de travail et en faisant appel aux théories du changement institutionnel (Thelen 2010) et de la mobilisation (Kelly 1998), il sera proposé quelques jalons d’une théorie des innovations sociales et de la transformation sociale qui prennent davantage en compte les enjeux de pouvoir et de distribution ainsi que l’action collective.

Résumé du colloque

Il s’agit d’analyser les innovations sociales (IS) face aux défis écologiques et aux inégalités sociales par la réflexion sur le lien entre des expérimentations locales, réalisées dans des milieux de travail, des entreprises collectives ou des organismes de la société civile, et le développement des territoires et la transition sociétale:

Dans quelle mesure des IS menées localement peuvent-elles changer les modes d’action en développement territorial et influencer les politiques publiques et insuffler une transition sociétale?

Quels défis accompagnent la croissance des organismes, en termes de taille, de mandat, d’échelle d’activité ? Dans quelle mesure la croissance des organismes participe-t-elle à la transition sociétale ? Comment les processus d’institutionnalisation des IS, entendue comme pérennisation et systématisation, parfois via des politiques publiques, renforcent ou fragilisent les expérimentations locales ?

Quels liens établir entre les expérimentations pour contrer les inégalités entre territoires ?

L’ancrage des IS dans un territoire est souvent vu comme une condition nécessaire, pour s’appuyer sur ses spécificités, ses ressources (sociales, culturelles, économiques), sa « résilience ». Mais les territoires sont très inégalement dotés. Sans un mécanisme d’équilibre plus global, ne risque t’on pas d’exacerber ces inégalités, voire cette concurrence, entre territoires ? A contrario, quels modes de transfert et de circulation des pratiques et savoirs entre les territoires pourraient diminuer ces inégalités ?

Comment définir des arbitrages et principes communs, par-delà l’émiettement des initiatives locales, en vue d’une transformation sociale ?

Le déploiement des IS se fait parfois en invoquant des principes de justice sociale, d’urgence environnementale ou d’exigence démocratique. Ce sont à la fois des principes importants, mais souvent assez flous. Du point de vue conceptuel comme de la pratique, dans quelle mesure peut-on articuler ces principes ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 8 mai 2018

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