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Anne-Francoise Pontevia : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
Les communautés de patients en ligne (CPEL) se sont fortement développées depuis une dizaine d’années, en raison notamment de la diffusion du Web 2.0 et du fait qu'elles présentent plusieurs avantages pour les patients.Elles leur permettent d’interagir de manière anonyme, d’échanger avec des personnes atteintes de pathologies similaires en tout temps et sans contraintes géographiques, et de fournir du support social aux patients. Au cours de ces deux dernières années, plus de 2000 communautés dédiées à la santé se sont créées sur Twitter. Les CPEL présentent aux patients des informations médicales de manière accessible. Elles permettent aux patients de mieux comprendre leur pathologie et d’échanger sur les traitements ou protocoles proposés par leurs médecins. Des recherches montrent ainsi que la fréquentation des CPEL contribue à un ‘empouvoirement’ accru des patients, et que ceci a pour effet d’améliorer la relation entre le patient et le médecin dans le monde réel (Audrain-Pontevia et Menvielle, 2017). Les bénéfices utilitaires (l’information apportée) et hédoniques (le support social) apportés par les CPEL contribuent par ailleurs à ce que le patient s’implique plus lors des visites médicales, ce qui a pour effet une meilleure adhésion au traitement proposé. Pour ces raisons, les CPEL, qui se sont développées grâce aux nouvelles technologies digitales, constituent un outil extrêmement prometteur tant pour les patients que pour les professionnels de santé.
De manière croissante, la consommation contemporaine s’effectue moins dans le cadre de la relation commerciale monétisée classique entre un acheteur et un marchand, et davantage au sein de configurations consommatoires nouvelles ou réinventées, dont la portée dépasse les cloisonnements historiques des frontières, des classes sociales, ou des cultures : marché de l’occasion, systèmes de troc, systèmes d’échanges locaux, économies de plateformes, consommation fondée sur l’accès libre ou gratuit. Si la consommation peut être définie comme une satisfaction des besoins, celle-ci se réalise également par le canal de la réparation, de la production (ex. : agriculture urbaine, potagers collectifs), ou encore de la réutilisation. Ces configurations ont pour effet de fragmenter les normes de la consommation et de bouleverser le cadre de la relation de consommation, avec des conséquences importantes notamment pour la raison d’être et l’activité des organisations, ainsi que pour l’emploi.
Paradoxalement, alors que les rapports d’échange (et donc, de création de valeur) dépassent le cadre de la consommation classique, les dispositifs de suivi de l’activité économique, ainsi que la majeure partie des travaux scientifiques et managériaux sur l’échange et la consommation, continuent à prendre l’entreprise, garante de la consommation traditionnelle, comme unité d’analyse. Pour comprendre les relations de consommation contemporaines, il apparaît donc nécessaire de déplacer l’objet d’analyse du plan de l’entreprise à celui du système de circulation de ressources ou de la chaîne de valeur, afin de prendre en compte la nature des relations entre les entreprises et les autres acteurs de l’économie, dont les organisations et associations, les autorités publiques et, surtout, les individus. En outre, c’est de plus en plus sur ce plan individuel que se développent les innovations en matière d’échange et de consommation.
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