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Clarinthe De Langie : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Travailler sans relâche, laisser libre cours à son imagination, pousser son corps à l'extrême, ressentir, vivre son art, créer dans la précipitation, avec un sentiment d'urgence, un besoin presque boulimique. Et puis l'oeuvre arrive à son terme, extirpée du plus profond de l'être qu'est l'artiste, la création devient autonome. Elle est œuvre, reflet d'une perception, miroir de l'artiste, trace d'un temps, allégorie du souvenir, témoignage symbolique de ses mémoire biographiques. Mais comment le dire, comment l’exprimer, comment le raconter ? C'est alors que la phénoménologie comme mode d’écriture devient un moyen pour entrer en pleine conscience de ce qui a été vécu. Via le récit d'expérience l'être de l’artiste prend pleinement conscience de son vécu sensible, de sa perception personnelle, présente lors de son geste créateur. Pour cette communication je voudrais raconter comment le récit phénoménologique, lorsqu’il est basée sur le ressouvenir et sur le « je » identitaire, m’aura permis de faire ressortir une conscience absolue, organisée par des perceptions et sensations (Husserl). C'est en plongeant dans mes mémoires biographiques par le récit phénoménologique que j’ai pu rendre consciente ma propre conscience.
Les centres de recherche EXPERICE et RQHV ainsi que les constituantes UQAC, UQAR, PARIS 13 et LILLE 3 souhaitent ouvrir un espace de dialogue sur la recherche autobiographique et la recherche biographique en éducation, en création et en transmission culturelle. Nous voulons à cette occasion documenter au plus près le récit d’expériences subjectives comme production de savoirs biographiques (C. Delory Momberger) et rejoindre ainsi la discussion internationale reposant sur ce champ disciplinaire reconnu dans les pays anglo-saxons (Biography Research) et germaniques (Biographieforschung).
Les communications aborderont l’idée centrale de la narration biographique comme mode d’appréhension et de compréhension d’expériences subjectives (S. Morais, A. Dizerbo, P. Dominicé, G. Pineau, V. Melin, J.-M. Rugira, L. Gomès). Cette idée fera l’objet de discussions selon des vecteurs performatifs, transformateurs et créateurs afin de souligner ses enjeux spécifiques en éducation, en création et en transmission culturelle. Il s’agira de témoignages d’expériences de professeurs, de chercheurs, de chercheurs créateurs et d’artistes, chacun exprimant des échos biographiques singuliers qui seront mis en perspective épistémologique à travers des paradigmes herméneutiques, phénoménologiques et pragmatiques.
Walter Benjamin annonçait la « chute du cours de notre d’expérience » (Expérience et pauvreté, 1933), qui plonge les hommes et les femmes dans une pauvreté tout à fait nouvelle : nous sommes pauvres en expériences communicables. Ce colloque s’inscrit dans un mouvement contemporain qui fait cause commune avec les chercheurs, les chercheurs créateurs et les artistes qui ont choisi d’explorer des possibilités de recherche radicalement différentes et fondées sur la narration de l’expérience subjective. Par leurs récits de vie, leurs actes de création, leurs actions pédagogiques et culturelles, ils font en sorte qu’une humanité s’apprête à survivre à cette disparition de la culture annoncée par Benjamin. Ils poseront un regard transversal sur la recherche autobiographique et la recherche biographique en éducation, en création et en transmission culturelle avec l’intention de produire des connaissances nouvelles en interrogeant l’espace politique, poétique et éducatif que révèle la narration de l’expérience humaine.
Tout en portant une attention particulière aux enjeux épistémologiques, problématiques, méthodologiques et biographiques que soulève le récit d’expérience, le colloque invite à penser la recherche autobiographique et la recherche biographique selon trois axes de réflexion : en éducation, en création et en transmission culturelle.
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