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Héctor Torres Cuevas : Universidad del Bío-Bío
Notre communication présente des résultats préliminaires d’une étude en cours de réalisation. L’objectif visé est l’identification des savoirs mapuches permettant la contextualisation et la territorialisation des projets éducatifs interculturels dans le milieu. Le problème de recherche met en évidence que la gestion de l’école en contexte mapuche reproduit la logique coloniale et fonctionnelle du marché scolaire en fonction au Chili. Ainsi, l’obtention de résultats scolaires conformes aux standards institutionnels, la compétition pour inscrire les élèves aux meilleures écoles et une relation école-famille-communauté décontextualisée et déterritorialisée prédominent. En contrepartie, une politique éducative ministérielle formalise une approche d’éducation interculturelle bilingue à l’intention des écoles qui comptent des élèves mapuches aux fins de contextualisation des projets éducatifs et des processus d’enseignement-apprentissage. Sur le terrain, on observe qu’en pratique, le fonctionnement de l’école continue de reproduire le modèle euro centrique et néolibéral. Dans le but de repenser la scolarisation sur le territoire mapuche Waj Mapu, nous présentons les résultats d’analyse de conversations réalisées avec des acteurs politiques mapuches, avec qui nous avons dialogué des principaux défis de la prise en charge du développement de l’éducation de la société mapuche.
Les données statistiques de la scolarisation des jeunes Autochtones au Canada indiquent que la majorité d’entre eux n’accèdent pas à la réussite au même niveau que les autres Canadiens et Québécois (Statistique Canada, 2016). La commission Vérité et réconciliation (2015) remet en question les systèmes éducatifs coloniaux. Elle appelle à la décolonisation de l’éducation par la transformation de ces systèmes à la faveur des élèves de culture et d’identité autochtones. Agir dans une perspective de décolonisation requiert des actions fondées sur la reconnaissance de l’égalité de tous les humains dans leur différence sociale et culturelle.
Si une pratique de décolonisation de l’éducation en milieu autochtone se développe depuis une trentaine d’années au Québec (Canada), en Araucania (Chili), un projet d’éducation interculturelle s’inscrit à l’agenda depuis aussi longtemps. Les fondements de la démarche sont éthiques, politiques et épistémologique. Les discours et les pratiques peuvent être examinés selon trois perspectives : 1) une perspective de droits en référence à la Déclaration des droits des peuples autochtones, qui affirme l’égalité des droits dans la différence; 2) une perspective épistémologique qui met en évidence la réalité particulière de deux épistémès, l’un autochtone et l’autre euro-occidental; et 3) une perspective d’interculturalité : les acteurs en situations reconnaissent l’égalité des savoirs et connaissances en présence, dont le mode de construction, de transmission et d’acquisition fait référence à une culture particulière. Ces mêmes acteurs cherchent également à coconstruire un dialogue.
Dans une perspective de décolonisation, la réussite éducative et scolaire de tous les jeunes, autochtones et non autochtones, justifie et guide les prises de décision et les actions de tous les acteurs à tous les échelons institutionnels. Ce colloque propose d’expliciter le sens et d’explorer les défis de la décolonisation de l’éducation au Canada et au Chili.
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