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Représentations et expériences des femmes chasseures et rapport à la mort sur Internet : une étude exploratoire

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Viviane Lew : CSSSHG - Centre de santé et de services sociaux de La Haute-Gaspésie

Résumé de la communication

Parmi les tendances contemporaines concernant la chasse, plusieurs recherches rapportent l’augmentation de l’implication des femmes, bien que les pourcentages restent encore minimes, entre 9 et 15% de l’ensemble des chasseurs. Elles se heurtent cependant à des résistances quant à leur entrée dans le domaine de la chasse liées aux représentations qui les associent à la nature, la vie et la compassion, des valeurs incompatibles avec le fait de tuer des animaux, un acte violent reflétant plutôt la maitrise masculine de la nature. Les études empiriques montrent que les modalités de la socialisation associées à la chasse s’inscrivent dans des itinéraires distincts (Boglioli, 2009) selon le genre et peu de différences marquées quant aux motivations sous-jacentes à la participation à la chasse (Gigliotti et Metcalf, 2016), l’acceptation de la mort des animaux chassés, l’exposition des trophées ou l’expression des affects face à la mort. Dans la perspective ouverte par ces travaux, notre étude vise à approfondir les représentations sociales des expériences des femmes chasseurs, leurs motivations et leurs réactions psychologiques la mort des animaux, de même que celles du public face à leur engagement dans cette activité. À cette fin, un corpus d’articles de magazines, de récits d’expérience de femmes chasseures présentés sur des sites et de commentaires, a été établi à partir de mots clefs de recherche en français et en anglais sur Internet.

Résumé du colloque

La mort ou la disparition des animaux soulève aujourd’hui des enjeux éthiques, juridiques, politiques, sanitaires, affectifs et économiques cruciaux. Conditions d’abattage des animaux d’élevage, dénonciation de la surpêche, introduction de la notion de sensibilité animale dans les textes juridiques, émotion suscitée par le « meurtre » d’un rhinocéros du zoo de Beauval en France afin de dérober sa corne… il ne se passe pas un jour sans que s’impose dans le débat public et les médias l’idée que nous serions confrontés à un véritable « problème animal ». L’une des raisons des sensibilités actuelles à la condition animale est certainement le caractère inédit et parfois irréversible des pressions que les sociétés contemporaines, industrialisées, urbanisées, globalisées et technicisées font peser sur le vivant. Ce colloque entend explorer la multiplicité et les transformations des morts animales dans les sociétés d’aujourd’hui. En partant de diverses catégories d’animaux (de rente, de ferme, d’assistance, de compagnie, de spectacle, d’expérimentation, de refuge, de zoo, sauvages, « nuisibles » ou « indésirables », etc.), il s’agira d’examiner la confrontation avec différents types et contextes de mort des animaux.

Ce colloque, qui réunira chercheurs et étudiants, a pour objectif de présenter les formes de la mort animale telles qu’envisagées et pratiquées dans divers contextes culturels, selon des imaginaires et traditions (religion et ritualité, pratiques économiques et écologiques, etc.) variés, parmi lesquels figurent la chasse ou le sacrifice (De Heusch, 1986; Cartry, 1987; Bonte et al., 1999; Givre, 2015). Il sera l’occasion d’aborder les diverses modalités de la « fin des bêtes » (Rémy, 2009) que sont l’euthanasie, l’abattage, l’expérimentation, l’élimination sanitaire, etc., ou encore l’ensemble des contextes sociaux (et historiques) des morts animales (guerres, combats, jeux, etc.), ainsi que les représentations, usages et conflits dont elles font fréquemment l’objet.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 8 mai 2018

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