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Un bestiaire post-écocide

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Bénédicte Ramade : Université de Montréal

Résumé de la communication

Des dragons celtes aux licornes du Moyen-ge ; du Jardin des délices aux chimères de Thomas Grünfeld, chaque période historique génère ses images d’animaux merveilleux et monstrueux qui incarnent l’imaginaire d’une société et les transformations qui l’affecte. À l’aune de la « Sixième extinction », la plus rapide et dévastatrice, quels seraient ces monstres animaliers aujourd’hui ? Le lien entre identité et altérité se reflète-t-il dans les hybrides qu’inventent et fantasment les artistes ? Comment composer avec cette généalogie du futur ? Quel serait le bestiaire de l’Anthropocène dont l’identité visuelle est à constituer ? Depuis l’empathie interspécifique, le culte de la « cuteness » animale jusqu’à la vision catastrophiste d’insectes ravageurs, voire de supers espèces génétiquement modifiées, quels imaginaires repère-t-on dans les représentations actuelles et que nous disent-ils de la société qui vient ? Entre études de cas et propositions de lectures transversales, ce panel cherche à spéculer autant qu’à analyser des ensembles symptomatiques.

Résumé du colloque

La mort ou la disparition des animaux soulève aujourd’hui des enjeux éthiques, juridiques, politiques, sanitaires, affectifs et économiques cruciaux. Conditions d’abattage des animaux d’élevage, dénonciation de la surpêche, introduction de la notion de sensibilité animale dans les textes juridiques, émotion suscitée par le « meurtre » d’un rhinocéros du zoo de Beauval en France afin de dérober sa corne… il ne se passe pas un jour sans que s’impose dans le débat public et les médias l’idée que nous serions confrontés à un véritable « problème animal ». L’une des raisons des sensibilités actuelles à la condition animale est certainement le caractère inédit et parfois irréversible des pressions que les sociétés contemporaines, industrialisées, urbanisées, globalisées et technicisées font peser sur le vivant. Ce colloque entend explorer la multiplicité et les transformations des morts animales dans les sociétés d’aujourd’hui. En partant de diverses catégories d’animaux (de rente, de ferme, d’assistance, de compagnie, de spectacle, d’expérimentation, de refuge, de zoo, sauvages, « nuisibles » ou « indésirables », etc.), il s’agira d’examiner la confrontation avec différents types et contextes de mort des animaux.

Ce colloque, qui réunira chercheurs et étudiants, a pour objectif de présenter les formes de la mort animale telles qu’envisagées et pratiquées dans divers contextes culturels, selon des imaginaires et traditions (religion et ritualité, pratiques économiques et écologiques, etc.) variés, parmi lesquels figurent la chasse ou le sacrifice (De Heusch, 1986; Cartry, 1987; Bonte et al., 1999; Givre, 2015). Il sera l’occasion d’aborder les diverses modalités de la « fin des bêtes » (Rémy, 2009) que sont l’euthanasie, l’abattage, l’expérimentation, l’élimination sanitaire, etc., ou encore l’ensemble des contextes sociaux (et historiques) des morts animales (guerres, combats, jeux, etc.), ainsi que les représentations, usages et conflits dont elles font fréquemment l’objet.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
section icon Date : 8 mai 2018

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