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Lise-Anne St-Vincent : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Dans l’ensemble de nos travaux de recherche auprès d’enseignants débutants, de directions d’établissement et d’équipes-écoles (St-Vincent, 2011; 2014; 2015), un constat ressort : plusieurs problèmes éthiques émergent de tensions générées par des écarts d’attitudes et de comportements concernant un membre du personnel. La dissidence par rapport aux attentes tacites ou convenues dans le milieu amène des malaises significatifs entre les collègues et ne peuvent être ignorés par la direction, car les enjeux se complexifieront inévitablement. De surcroît, le leadership de la direction, soit sa crédibilité et son influence, sera remis en question si elle n’agit pas (Fullan, 2015). Si la situation cause un conflit entre les individus, l’absence de balises claires pour agir indique qu’il y a présence d’un problème éthique. Nous proposons cinq mesures pour guider la direction devant les problèmes éthiques impliquant les écarts d’attitudes ou de comportements : prévenir les dissidences en misant sur la reconnaissance (Marzano, Waters et McNulty, 2016); accompagner les intervenants en insertion professionnelle (St-Vincent, 2016 ); véhiculer un discours axé vers une éthique minimaliste dans les interventions (Ogien, 2007); communiquer une démarche à effectuer (Schermerhorn, Osborn, Uhl-Bien, Hunt et de Billy, 2014) lors de malaises ressentis face à des comportements ou des attitudes d’un collègue; préciser les étapes prévues par la direction devant un fait rapporté (Fullan, 2015).
La diversité des acteurs de l’éducation (origine ethnoculturelle, langue, religion, capacités physiques et intellectuelles, sexe, identité de genre, orientation sexuelle) est une richesse que plusieurs ministères de l’Éducation reconnaissent (MECB, 2008; MEO, 2009; MEQ, 1998). Cette diversité à célébrer suppose des interventions qui visent l’inclusion et l’équité de tous de même que l’élimination de la discrimination (CSE, 2016; UNESCO, n.d.). Dans ce contexte, Pietrantonio et Bouthillier (2015) affirment que « […] la notion de diversité accompagne toujours la sémantique des inégalités et des hiérarchies sociales » (p. 164) et que, dès lors, « comprendre l’hétérogénéité sociale pour faire valoir la diversité » devient un défi pour les organisations éducatives. Pour leurs gestionnaires, cela implique qu’ils ont un rôle à jouer (Thibodeau et al., 2016), des compétences à développer (Bouchamma, 2016) et un leadership à démontrer (Archambault et Garon, 2013). Sans oublier que cette diversité peut engendrer des enjeux de nature éthique qu’aucun gestionnaire ne devrait ignorer (St-Vincent, sous presse; Langlois, 2008). Devant cette réalité socioscolaire, la pensée libre peut éclairer l’administration de l’éducation, que ce soit sur :
1) le rôle, les compétences et le leadership des gestionnaires dans différents contextes éducatifs (rural et urbain, francophone minoritaire, autochtone, appauvri) ou par rapport à divers acteurs (parents, enseignants, élèves et étudiants);
2) les enjeux avec lesquels les gestionnaires doivent composer (arrivée massive de réfugiés, racisme systémique, droits des enfants transgenres, langues d’enseignement, inclusion des élèves ayant des besoins particuliers, rapports intergénérationnels, sexisme, précarité économique des familles, etc.);
3) les moyens pour assurer l’inclusion, entre autres sous un angle éthique;
4) les postures épistémologiques : critique (antiraciste, féministe, postcoloniale, etc.), pragmatique, etc.
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