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Monique Lambert : Université Laval
Pour s’acquitter de leurs tâches en contexte pluriethnique, les directions d’école doivent posséder les compétences requises en la matière. De ce point de vue, leur formation s’avère indispensable puisqu’elle les prépare à une gestion efficace afin de devenir des agents multiplicateurs de pratiques gagnantes en matière de diversité dans leur école (Bouchamma, 2016). Nous avons procédé par analyse de contenu (Van der Maren, 2004) de quatre référentiels de compétences des directions d’établissement : Québec (2008), Alberta (2016), États-Unis (NPBEA, 2015) et Australie (2015). Les résultats révèlent que celui du Québec affiche 80 % de similarité de contenu et l’absence de quatre compétences, dont la diversité pluriethnique. Bien que cette situation puisse se justifier par le caractère moins récent du référentiel du Québec comparativement aux trois autres, elle reste paradoxale dans un contexte où l’immigration remonte à très loin dans l’histoire du Québec (Mc Andrew et Audet, 2016). Sur le terrain, que disent les enseignants quant aux pratiques de gestion de la diversité de leur direction? Les résultats préliminaires d’une étude nous montrent que celles-ci restent très disparates, d’où la nécessité d’une formation initiale obligatoire pour les directions d’école en matière de diversité ethnoculturelle. Dix ans après la parution du référentiel de compétences des directions, serait-il temps de penser à l’ajout de la compétence interculturelle dans celui-ci?
La diversité des acteurs de l’éducation (origine ethnoculturelle, langue, religion, capacités physiques et intellectuelles, sexe, identité de genre, orientation sexuelle) est une richesse que plusieurs ministères de l’Éducation reconnaissent (MECB, 2008; MEO, 2009; MEQ, 1998). Cette diversité à célébrer suppose des interventions qui visent l’inclusion et l’équité de tous de même que l’élimination de la discrimination (CSE, 2016; UNESCO, n.d.). Dans ce contexte, Pietrantonio et Bouthillier (2015) affirment que « […] la notion de diversité accompagne toujours la sémantique des inégalités et des hiérarchies sociales » (p. 164) et que, dès lors, « comprendre l’hétérogénéité sociale pour faire valoir la diversité » devient un défi pour les organisations éducatives. Pour leurs gestionnaires, cela implique qu’ils ont un rôle à jouer (Thibodeau et al., 2016), des compétences à développer (Bouchamma, 2016) et un leadership à démontrer (Archambault et Garon, 2013). Sans oublier que cette diversité peut engendrer des enjeux de nature éthique qu’aucun gestionnaire ne devrait ignorer (St-Vincent, sous presse; Langlois, 2008). Devant cette réalité socioscolaire, la pensée libre peut éclairer l’administration de l’éducation, que ce soit sur :
1) le rôle, les compétences et le leadership des gestionnaires dans différents contextes éducatifs (rural et urbain, francophone minoritaire, autochtone, appauvri) ou par rapport à divers acteurs (parents, enseignants, élèves et étudiants);
2) les enjeux avec lesquels les gestionnaires doivent composer (arrivée massive de réfugiés, racisme systémique, droits des enfants transgenres, langues d’enseignement, inclusion des élèves ayant des besoins particuliers, rapports intergénérationnels, sexisme, précarité économique des familles, etc.);
3) les moyens pour assurer l’inclusion, entre autres sous un angle éthique;
4) les postures épistémologiques : critique (antiraciste, féministe, postcoloniale, etc.), pragmatique, etc.
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