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Ariane Thibault-Vanasse : UQAM - Université du Québec à Montréal
Depuis une quinzaine d’années, on voit se former une culture de la télévision (Jost, 2004) et on assiste à une renaissance culturelle du médium (Newman et Levine, 2012). La télévision, et les séries de fiction en particulier, ont désormais acquis le statut d’objet culturel légitime. Nous nous sommes demandé comment s’inscrit une série télévisée québécoise dans ce contexte de légitimation télévisuelle et comment s’y manifestent les discours légitimants. Nous avons choisi d’analyser Série noire (2014-2016), série écrite par Jean-François Rivard et François Létourneau, puisque nous croyons que celle-ci est exemplaire des mutations qui s’opèrent au sein de l’industrie télévisuelle.
Afin de répondre à notre problématique, nous empruntons un cadre théorique qui relève des médiacultures (Macé, 2000; 2001; Maigret, 2015; Maigret et Macé, 2005), des articulations théoriques entourant la série de fiction (Esquenazi, 2014; Jost, 2017; Jost, 2007; Benassi, 2011) et de la légitimité culturelle à l’ère de la convergence numérique (Jenkins, 2013 ; Newman et Levine, 2012). Notre approche méthodologique s’inspire quant à elle de la sociosémiologie. En adaptant le modèle de l’œuvre en contexte de Barrette, nous sommes en mesure d’analyser à la fois le texte (les deux saisons de Série noire) et son contexte de production et de réception. Notre objectif consiste à tracer un axe de pertinence (Odin, 2011) entre ces trois espaces et de déterminer comment s’y exprime la légitimité télévisuelle.
Ce colloque proposera un état des lieux des télévisions au Québec, à l’ère d’une transformation des paysages médiatiques et législatif au pays. Le terme « télévisions » est ici employé au pluriel afin de tenir compte du fait que la « télévision au Québec » recouvre plusieurs réalités distinctes. Il sera donc certes question de la production québécoise francophone dominante, mais également de la production anglophone — notamment des séries canadiennes-anglaises souvent tournées à Montréal — et des émissions autochtones produites au Québec. Plus généralement, cet événement s’intéressera aux trois grands pôles de la communication télévisuelle (production, contenus, réception).
Les récentes transformations technologiques et réglementaires apportées au système de télédiffusion canadien ont contribué à une mutation des pratiques spectatorielles et des stratégies de production mises au point afin d’attirer le public local, lequel consacre une part très importante de son temps de visionnement à des émissions étrangères. Toutefois, bien que les inquiétudes devant la survie des télévisions locales au sein d’une économie et d’une culture transnationales soient justifiées, force est d’admettre que le cas de la télévision québécoise semble défier certains pronostics. Alors que les cotes d’écoute pour des productions locales sont en baisse dans une majorité de territoires, celles-ci paraissent relativement stables au Québec, en particulier dans le domaine du divertissement et des fictions (source : Numeris).
La télévision au Québec exige donc une étude tenant compte des enjeux qui menacent sa survie et sa rentabilité comme de ses stratégies d’adaptation. L’objectif de ce colloque sera aussi de réfléchir aux effets potentiels des récentes modifications des politiques canadiennes concernant la culture et la radiodiffusion pour le maintien d’une télévision de proximité (Dhoest, 2013; Straubhaar, 2007, 2010), à l’instar de celle du Québec ou des peuples autochtones.
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