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Christine Fawer Caputo : Haute école pédagogique du canton de Vaud
L’école est une institution sociale où l’on retrouve les principaux enjeux que nos sociétés occidentales, pluralistes et multiculturelles, doivent affronter. Si l’objectif majeur de l’institution scolaire consiste à favoriser l’égalité des chances pour tous les élèves par la transmission de savoirs et de valeurs communs à tous, elle est aussi un espace de socialisation qui doit tenir compte du pluralisme culturel et religieux des élèves. Jusqu’où les enseignants doivent-ils prendre en compte la diversité culturelle de leurs élèves? Comment doivent-il gérer les demandes particulières que diverses communautés religieuses peuvent formuler, voire exiger? Comment traiter ces demandes à composante religieuse qui peuvent influer soit sur la gestion de la classe soit sur des contenus pédagogiques ou des savoirs scientifiques ?
En partant d’expériences conduites dans le cadre de la didactique d’éthique et cultures religieuses de la Haute Ecole Pédagogique vaudoise (Suisse), cette communication propose de montrer le dispositif visant à sensibiliser les étudiant-e-s en formation, futurs enseignant-e-s, au traitement de la diversité religieuse dans les classes. Nous verrons quels sont les enjeux de cette diversité en Suisse romande et quelles réponses donner à des demandes liées à la culture religieuse des élèves. Pour ce faire, nous convoquerons diverses sources (juridiques, institutionnelles, etc.), passerons en revue des outils possibles et exposerons quelques données d’expériences.
Depuis près d’une vingtaine d’années, quelques pays ont choisi d’offrir une formation culturelle (c’est-à-dire non confessionnelle) aux faits religieux. Offert de façon optionnelle ou obligatoire, ce type d’enseignement culturel du fait religieux se donne notamment en Espagne, dans certains cantons suisses et au Québec. Cet enseignement du phénomène religieux soulève toutes sortes d’enjeux aujourd’hui : la formation des enseignants, leur posture éthique, la prise en compte de la diversité des pratiques et des convictions, la tension entre science et croyances, etc.
Cette formation religieuse non confessionnelle pose en particulier des défis inédits en ce qui concerne la posture des enseignants. Généralement invités à faire preuve de « neutralité », les enseignants se trouvent de facto confrontés à différentes manifestations de croyances en classe qui mettent à l’épreuve au quotidien ce devoir d’objectivité et d’impartialité. En outre, les enseignants sont eux-mêmes porteurs de diverses convictions dont ils doivent limiter l’effet sur leur enseignement.
Les enseignants sont aussi interpellés par les croyances plurielles des enfants ou de leurs parents, notamment celles qu’on peut qualifier de « fondamentalistes » ou « radicales »; ces croyances peuvent d’ailleurs être religieuses ou non (ex. : négation de divers savoirs scientifiques au profit d’une conception religieuse, promotion d’une idéologie xénophobe, homophobe ou complotiste, etc.).
Cette « neutralité » peut aussi être mise en question sous d’autres angles par la quête spirituelle d’élèves, laquelle est susceptible de déstabiliser l’enseignant « neutre » de culture religieuse. Pourtant, de nombreux systèmes éducatifs reconnaissent la nécessité de favoriser le développement spirituel des élèves. Alors, dans quelle mesure une école laïque peut-elle encourager le développement spirituel de ses élèves? Et quel est ou devrait être le rôle des enseignants de culture religieuse dans ce développement?
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