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Stéphanie DOUILLARD : Cabinet d'anthropologie ANTHR2
Chaque problématique posée aujourd’hui est assimilée à un défi à relever en matière sociétale, sociale, d’aménagement de territoire. En proposant des outils novateurs et plus sensibles que des enquêtes ou audits classiques, nous pouvons aller au plus près des usages citoyens. Cette méthodologie composée de deux outils conjoints : cueillette anthropologique et ateliers collectifs apporte modestement une solution efficace et humaine à la fois. Cette méthodologie est utilisée comme support avant toute programmation urbanistique et architecturale. Objectif de l’atelier : découvrir et expérimenter une part de la méthodologie, créer des personae et comprendre leur usage. Sur un thème proposé dès le départ par exemple habitants d’un éco-quartier, utilisateurs d’une plate-forme de partage de matériel et par groupe, les participants choisissent une photo de personne qui leur fait penser à quelqu’un qu’il connaisse bien. Ensuite, il raconte une anecdote partagée avec cette personne lors d’une situation personnelle ou professionnelle qui selon eux la caractérise assez bien. Les autres membres du groupe le questionne sur ses attitudes, son mode de vie, ses valeurs. Plusieurs étapes se succèdent afin d’avancer finement sur le persona (photo-langage pour faire émerger les valeurs, …). Conclusion sur l’utilité et l’usage du persona et feed-back sur la séquence.
Ce colloque est voué à la recherche scientifique et à la mise en œuvre de cette recherche. Il mettra donc l’accent sur les savoirs scientifiques et les savoirs expérientiels (Lièvre et al., 2013) liés aux innovations collectives, en particulier aux Living Labs (LL, laboratoires vivants). Ces approches d’innovation ouverte (Chesbrough, 2003) empruntent aux savoirs existants tout en en créant de nouveaux avec les chercheurs, praticiens, usagers, pouvoirs publics ainsi qu’avec de multiples parties prenantes dont la fonction et la représentation varient selon le cas (Lehmann et al., 2015). Il est entendu ici que les connaissances sont distribuées (Trépos, 1997), que les usagers sont des experts (Von Hippel, 1988) et que les chercheurs constituent des « référents » pour l’action. Les LL considérés ici sont tout autant des laboratoires de fabrication et de conceptualisation que des laboratoires traitant de développement urbain et territorial (Besson et al., 2013) ou de projets citoyens (Miller-Rushing et al., 2012).
Devant de nombreux nouveaux défis sociétaux (développement durable, économie circulaire, projets responsables, urbanisation intense, vieillissement de la population, désengagement des pouvoirs publics, mondialisation, etc.), des façons plus écologiques de produire, d’habiter, d’échanger et d’être sont devenues nécessaires (Lafontaine, 2015), et ce, tout autant sur le plan de la pensée scientifique que sur celui de l’action sur le terrain (Salmelin, 2017). De ce fait, le colloque portera une attention particulière aux outils originaux de médiation, tels les objets-frontières (Star et Griesemer, 1989), ainsi qu’aux méthodes originales de production et aux nouvelles mesures d’évaluation des artefacts, qu’ils soient savoirs intangibles ou livrables tangibles. Le colloque se penchera aussi sur le rôle des acteurs au sein de ces diverses démarches (Nez, 2015) ainsi que sur les formes d’écosystèmes qui soutiennent et valorisent ces démarches d’innovation collective.
Ce colloque présente plus de 25 communications et cinq ateliers d’application en lien avec les thèmes suivants :
1) acteurs et écosystèmes d’innovation;
2) processus et méthodologies : retours d’expériences et nouvelles expérimentations;
3) objets-frontières et artefacts : représentations, illustrations et usages;
4) Living Labs / Laboratoires vivants : de nouvelles dynamiques d’acteurs, et d’action publique et territoriale;
5) partage des savoirs et collaboration : facteurs et conditions de succès;
6) évaluation de Living Labs ou de projets en mode Living Lab.