Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Anne Côté : UQAM - Université du Québec à Montréal
Nombreux sont les jeux télévisés et les émissions de variétés programmés par nos chaînes généralistes au cours des dix dernières années. Malgré ce foisonnement, on identifiera un élément commun à plusieurs d’entre eux: leur nature d’adaptations de formats internationaux. Mais alors, que reste-t-il de québécois dans le contenu de ces émissions? Comment se réapproprie-t-on les dispositifs des formats adaptés? Que peut nous apprendre cette transformation sur la réception anticipée (le cadre participatif) de l’émission? Quelles conclusions peut-on tirer de cette abondance d’adaptations concernant le contexte de leur production? Ces interrogations rejoignent celles qui sous-tendaient, depuis 2014, la recherche De la visibilité à la célébrité: essor et consolidation du «star system» québécois à la télévision (1961-1971) menée par le Laboratoire sur la culture de grande consommation et la culture médiatique au Québec. S’intéressant au régime de visibilité propre à l’émergence d’une culture de la célébrité qui se développe avec l’apparition des émissions de jeux et de variétés, notre recherche se dote d’un regard sociosémiotique novateur. Nous aborderons les résultats de notre étude, par le biais de l’exemple de l’émission Jeunesse d’Aujourd’hui, diffusée par Télé-Métropole de 1962 à 1974. Puis, nous articulerons les données dégagées à l’analyse du dispositif contemporain de l’adaptation québécoise de La Voix, dans une perspective de celebrity studies, à l’aide de la sociosémiotique.
Ce colloque proposera un état des lieux des télévisions au Québec, à l’ère d’une transformation des paysages médiatiques et législatif au pays. Le terme « télévisions » est ici employé au pluriel afin de tenir compte du fait que la « télévision au Québec » recouvre plusieurs réalités distinctes. Il sera donc certes question de la production québécoise francophone dominante, mais également de la production anglophone — notamment des séries canadiennes-anglaises souvent tournées à Montréal — et des émissions autochtones produites au Québec. Plus généralement, cet événement s’intéressera aux trois grands pôles de la communication télévisuelle (production, contenus, réception).
Les récentes transformations technologiques et réglementaires apportées au système de télédiffusion canadien ont contribué à une mutation des pratiques spectatorielles et des stratégies de production mises au point afin d’attirer le public local, lequel consacre une part très importante de son temps de visionnement à des émissions étrangères. Toutefois, bien que les inquiétudes devant la survie des télévisions locales au sein d’une économie et d’une culture transnationales soient justifiées, force est d’admettre que le cas de la télévision québécoise semble défier certains pronostics. Alors que les cotes d’écoute pour des productions locales sont en baisse dans une majorité de territoires, celles-ci paraissent relativement stables au Québec, en particulier dans le domaine du divertissement et des fictions (source : Numeris).
La télévision au Québec exige donc une étude tenant compte des enjeux qui menacent sa survie et sa rentabilité comme de ses stratégies d’adaptation. L’objectif de ce colloque sera aussi de réfléchir aux effets potentiels des récentes modifications des politiques canadiennes concernant la culture et la radiodiffusion pour le maintien d’une télévision de proximité (Dhoest, 2013; Straubhaar, 2007, 2010), à l’instar de celle du Québec ou des peuples autochtones.
Titre du colloque :
Thème du colloque :