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Favoriser le dialogue autour des faits religieux ou comment pallier les paradoxes du système scolaire français

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Evelyne Barthou : Université de Pau et des Pays de l'Adour

Résumé de la communication

Les attentats de Charlie Hebdo ont particulièrement mis en lumière les paradoxes du système scolaire français face à la difficile gestion du fait religieux. Dans cette communication, nous analyserons donc dans un premier temps le contexte scolaire français et le décalage entre le principe de laïcité, souvent pensée comme répressive, et la réalité des établissements scolaires pour certains marqués par une forte présence de la religion au quotidien (remise en cause de contenus scolaires mais surtout questionnements des élèves, sorties à la piscine, interdits alimentaires, question du paradis etc).

Nous verrons ensuite que la formation même des enseignants, pour une majorité caractérisés par une inculture religieuse, ne les amène en aucun cas à pouvoir gérer cette question religieuse et la spiritualité des élèves, car elle a tendance à imposer le principe de neutralité et le renvoi des questions religieuses à la sphère privée comme centraux dans la posture professionnelle des enseignants.

Enfin, nous terminerons par un questionnement autour de la pertinence du dialogue et de l’échange autour des questions religieuses. Notre propos s’appuiera sur différentes recherches mais en particulier sur les premières analyses de la recherche régionale ALTERECOLE, conduite actuellement sur plusieurs villes du Sud-Ouest de la France, et sera présentée avec un enseignant de niveau primaire exerçant son métier dans une école REP (réseau éducation prioritaire).

Résumé du colloque

Depuis près d’une vingtaine d’années, quelques pays ont choisi d’offrir une formation culturelle (c’est-à-dire non confessionnelle) aux faits religieux. Offert de façon optionnelle ou obligatoire, ce type d’enseignement culturel du fait religieux se donne notamment en Espagne, dans certains cantons suisses et au Québec. Cet enseignement du phénomène religieux soulève toutes sortes d’enjeux aujourd’hui : la formation des enseignants, leur posture éthique, la prise en compte de la diversité des pratiques et des convictions, la tension entre science et croyances, etc.

Cette formation religieuse non confessionnelle pose en particulier des défis inédits en ce qui concerne la posture des enseignants. Généralement invités à faire preuve de « neutralité », les enseignants se trouvent de facto confrontés à différentes manifestations de croyances en classe qui mettent à l’épreuve au quotidien ce devoir d’objectivité et d’impartialité. En outre, les enseignants sont eux-mêmes porteurs de diverses convictions dont ils doivent limiter l’effet sur leur enseignement.

Les enseignants sont aussi interpellés par les croyances plurielles des enfants ou de leurs parents, notamment celles qu’on peut qualifier de « fondamentalistes » ou « radicales »; ces croyances peuvent d’ailleurs être religieuses ou non (ex. : négation de divers savoirs scientifiques au profit d’une conception religieuse, promotion d’une idéologie xénophobe, homophobe ou complotiste, etc.).

Cette « neutralité » peut aussi être mise en question sous d’autres angles par la quête spirituelle d’élèves, laquelle est susceptible de déstabiliser l’enseignant « neutre » de culture religieuse. Pourtant, de nombreux systèmes éducatifs reconnaissent la nécessité de favoriser le développement spirituel des élèves. Alors, dans quelle mesure une école laïque peut-elle encourager le développement spirituel de ses élèves? Et quel est ou devrait être le rôle des enseignants de culture religieuse dans ce développement?

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
manager icon Responsables :
Jacques Cherblanc
section icon Date : 9 mai 2018

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