pen icon Colloque
quote

La main invisible des algorithmes: accès inédit à la liberté ou nouvelle hétéronomie?

FC

Membre a labase

Frédéric Cassiani-Laurin : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

L'intelligence artificielle, par ses algorithmes, son apprentissage machine, par l'écosystème du big data, est en voie de changer nos vies; elle a déjà commencé à le faire dans diverses sphères de la vie humaine et sociale. Le monde du travail est aussi sur le point d'être révolutionné par une automatisation croissante des tâches et des emplois eux-mêmes.

Pour certains, comme le futuriste et transhumaniste R. Kurzweil, les transformations attribuées à la «quatrième révolution industrielle» sont la prochaine étape du progrès humain: il sera possible, grâce aux nouvelles technologies et aux développements en intelligence artificielle, d'améliorer la santé, de réduire le travail, de nous rendre plus productifs, plus efficaces, plus créatifs; bref, plus heureux et plus libres (Kurzweil, 2005). Pour d'autres, nous somme en train, par ce «nouveau normal» introduit par les algorithmes dans toutes ces sphères de nos vies, de devenir «dépendants de choses dont la compréhension nous échappe» (Paré, 2017).

Il semble clair, dans tous les cas, que l'intelligence artificielle est en train de changer notre rapport au monde, jusqu'à instituer un nouveau lieu de pouvoir où de nouvelles altérités guideraient ou dicteraient notre devenir à la fois individuel et collectif. Sommes-nous en passe d'entrer dans une nouvelle ère d'autonomie et de liberté ou sommes-nous en train de façonner une nouvelle forme d'hétéronomie à qui nous confierons notre liberté, voire même notre capacité de choisir?

Résumé du colloque

Ce colloque s’intéresse aux techniques et aux sciences dans la mesure où elles jouent un rôle structurant dans les systèmes symboliques de l’Occident moderne. Sans négliger le fait que les mythes sont d’abord des ensembles de signes (Barthes, 1957) et de paroles (Detienne, 1981), il propose de considérer les mythologies comme des matrices (Bouchard, 2007) ou des systèmes de pensée (Vernant, 2004) profondément enracinés dans l’ensemble des structures sociales et culturelles : institutions, imaginaires, pratiques quotidiennes, formes de corporéité, etc. Or, une grande part des mythologies de la modernité prend appui sur un système technicien et un imaginaire scientifique de plus en plus puissants. Ellul affirmait, en 1973, que ceux-ci avaient pris le relais de la transcendance chrétienne dans la structuration du rapport au monde. D’autres auteurs (Mumford, 2010; Miquel et Ménard, 1988; Musso, 2017) se sont appliqués à montrer que les développements techniques ont systématiquement contribué à la structuration de systèmes symboliques singuliers, y compris au cœur du monde chrétien. La science, son langage et ses découvertes y participent également en offrant aujourd’hui un cadre interprétatif global, que l’on trouve dans les discours de vulgarisation scientifique (Stoczkowski, 1994) comme dans les œuvres de fiction (Chassay, 2013).

Sous les termes mythologies techniques et scientifiques, on cherche à interroger des types de rapport au monde tels qu’ils sont affectés par des objets, des savoirs et des pratiques associés au dispositif technoscientifique. Les communications présentées dans ce colloque s’intéressent aux transformations des conceptions de la vie, de la mort et du temps engendrées par les techniques et les sciences, aux imaginaires du vivant et du corps en relation avec les biotechniques, aux représentations des nouvelles technologies dans les productions culturelles, aux idéologies qui supportent les imaginaires scientifiques et techniques ainsi qu’aux diverses formes de sacralisation de la technique et de la science dans le monde contemporain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
manager icon Responsables :
Eve Paquette
section icon Date : 9 mai 2018

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :