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Lyne Chantal Boudreau : Université de Moncton
Dans le contexte moderne des écoles francophones en milieu minoritaire, les directions d’école sont appelées à agir en tant que passeurs culturels dans leur quotidien. Toutefois, le rôle de passeur culturel est complexe et les tâches qui lui sont associées restent encore difficiles à accomplir. En fait, exercer un leadership favorisant le rôle de passeur culturel n’est pas sans conséquence et exige des directions d’école un leadership efficace permettant la mise en place d’un environnement d’apprentissage qui prend en compte la réussite scolaire et le développement de l’identité linguistique et culturelle. Cette communication vise à présenter les résultats d’un projet de recherche plus large portant sur le rôle des directions dans l’atteinte de la mission de l’école francophone en milieu minoritaire. Il s’agit de mieux comprendre les enjeux liés à l’accomplissement de la mission dévolue aux directions d’école. Pour atteindre cet objectif, nous avons recueilli des propos des directions d’école en milieu minoritaire. Les résultats issus de l’analyse thématique révèlent que certaines directions reconnaissent la nécessité d’avoir recours à divers styles de leadership pour mieux répondre aux attentes et aux besoins spécifiques du milieu. Ces directions d’école expriment également le besoin d’être mieux outillées et accompagnées pour bien exercer ce rôle.
La diversité des acteurs de l’éducation (origine ethnoculturelle, langue, religion, capacités physiques et intellectuelles, sexe, identité de genre, orientation sexuelle) est une richesse que plusieurs ministères de l’Éducation reconnaissent (MECB, 2008; MEO, 2009; MEQ, 1998). Cette diversité à célébrer suppose des interventions qui visent l’inclusion et l’équité de tous de même que l’élimination de la discrimination (CSE, 2016; UNESCO, n.d.). Dans ce contexte, Pietrantonio et Bouthillier (2015) affirment que « […] la notion de diversité accompagne toujours la sémantique des inégalités et des hiérarchies sociales » (p. 164) et que, dès lors, « comprendre l’hétérogénéité sociale pour faire valoir la diversité » devient un défi pour les organisations éducatives. Pour leurs gestionnaires, cela implique qu’ils ont un rôle à jouer (Thibodeau et al., 2016), des compétences à développer (Bouchamma, 2016) et un leadership à démontrer (Archambault et Garon, 2013). Sans oublier que cette diversité peut engendrer des enjeux de nature éthique qu’aucun gestionnaire ne devrait ignorer (St-Vincent, sous presse; Langlois, 2008). Devant cette réalité socioscolaire, la pensée libre peut éclairer l’administration de l’éducation, que ce soit sur :
1) le rôle, les compétences et le leadership des gestionnaires dans différents contextes éducatifs (rural et urbain, francophone minoritaire, autochtone, appauvri) ou par rapport à divers acteurs (parents, enseignants, élèves et étudiants);
2) les enjeux avec lesquels les gestionnaires doivent composer (arrivée massive de réfugiés, racisme systémique, droits des enfants transgenres, langues d’enseignement, inclusion des élèves ayant des besoins particuliers, rapports intergénérationnels, sexisme, précarité économique des familles, etc.);
3) les moyens pour assurer l’inclusion, entre autres sous un angle éthique;
4) les postures épistémologiques : critique (antiraciste, féministe, postcoloniale, etc.), pragmatique, etc.
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