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La spiritualité au service du sujet éthique

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Denis Jeffrey : Université Laval

Résumé de la communication

L’humanisme, dans son sens très ancien, s’appuie sur l’idée que l’être humain est capable de perfectionnement moral, c'est-à-dire qu’il peut devenir une meilleure personne. Ce perfectionnisme, pour Socrate, constitue le fondement de la vie morale. S’il commet une faute morale ou s’il manque à ses devoirs, il peut se reprendre, accéder à une nouvelle compréhension de son comportement et essayer d’agir autrement. Cet humanisme a conduit notre société démocratique à reconnaître à chaque individu la même dignité. Devenu sujet éthique, un individu est appelé à agir selon sa conscience morale. Partant, notre système scolaire devrait préparer chaque élève, dès le primaire, à assumer une position de sujet éthique. Il y contribue certes par le programme ÉCR, mais sous une forme plutôt limitée. En effet, ce dernier mise uniquement sur la dimension cognitive de l’éthique par l’entremise d’activités de réflexion et de discussion sur des thèmes moraux. Or, le sujet éthique ne peut être réduit à des activités cognitives. Il est nécessaire, selon cette position, de développer chez les élèves toutes les dimensions de la vie éthique, cognitive bien sûr, mais aussi aspirationnelle, sapientielle et spirituelle. Nous proposons de montrer l’apport de la dimension spirituelle dans le développement de l’autonomie morale et dans l’appropriation de soi comme sujet éthique. C’est une dimension qui implique notamment un travail sur soi pour parvenir à une discipline personnelle.

Résumé du colloque

Depuis près d’une vingtaine d’années, quelques pays ont choisi d’offrir une formation culturelle (c’est-à-dire non confessionnelle) aux faits religieux. Offert de façon optionnelle ou obligatoire, ce type d’enseignement culturel du fait religieux se donne notamment en Espagne, dans certains cantons suisses et au Québec. Cet enseignement du phénomène religieux soulève toutes sortes d’enjeux aujourd’hui : la formation des enseignants, leur posture éthique, la prise en compte de la diversité des pratiques et des convictions, la tension entre science et croyances, etc.

Cette formation religieuse non confessionnelle pose en particulier des défis inédits en ce qui concerne la posture des enseignants. Généralement invités à faire preuve de « neutralité », les enseignants se trouvent de facto confrontés à différentes manifestations de croyances en classe qui mettent à l’épreuve au quotidien ce devoir d’objectivité et d’impartialité. En outre, les enseignants sont eux-mêmes porteurs de diverses convictions dont ils doivent limiter l’effet sur leur enseignement.

Les enseignants sont aussi interpellés par les croyances plurielles des enfants ou de leurs parents, notamment celles qu’on peut qualifier de « fondamentalistes » ou « radicales »; ces croyances peuvent d’ailleurs être religieuses ou non (ex. : négation de divers savoirs scientifiques au profit d’une conception religieuse, promotion d’une idéologie xénophobe, homophobe ou complotiste, etc.).

Cette « neutralité » peut aussi être mise en question sous d’autres angles par la quête spirituelle d’élèves, laquelle est susceptible de déstabiliser l’enseignant « neutre » de culture religieuse. Pourtant, de nombreux systèmes éducatifs reconnaissent la nécessité de favoriser le développement spirituel des élèves. Alors, dans quelle mesure une école laïque peut-elle encourager le développement spirituel de ses élèves? Et quel est ou devrait être le rôle des enseignants de culture religieuse dans ce développement?

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
manager icon Responsables :
Jacques Cherblanc
section icon Date : 9 mai 2018

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