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Le développement spirituel et l'enjeu du vivre-ensemble sur Terre dans le cadre du service d'animation spirituelle et d'engagement communautaire, au primaire et au secondaire au Québec

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Virginie Boelen : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Depuis les années 2000, le mandat des animateurs de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC) est de « faciliter le cheminement spirituel de l’élève » (LIP, article 36) dans les écoles québécoises non confessionnelles. Une récente enquête exploratoire auprès de ces intervenants a mis au jour leurs besoins qui s’articulent en deux parties :

1/ la redéfinition d’un corpus théorique autour du concept de développement spirituel qui soit adapté à la réalité contemporaine;

2/ l’identification de stratégies pédagogiques aptes à favoriser le développement spirituel chez les jeunes en contexte séculier.

Une recherche–développement collaborative vise à répondre à ces besoins. L’originalité de cette recherche réside dans le fait qu’elle associe au développement spirituel la construction d’un lien avec la nature, tel que suggéré entre autres par les textes du Ministère (MELS, 2005, 2007), Afeissa (2016), Choné (2016) et Naess (2008). Cette approche répond à l’enjeu majeur du vivre ensemble sur Terre, où l’idée de communauté de vie s’élargit à l’ensemble du monde vivant et non vivant (Morin, 2014; Viveret, 2017; Sauvé, 2017). Elle répond également au développement d’une spiritualité non confessionnelle participant au développement global de l’enfant et dont les conséquences ont des effets positifs sur son bien-être (Fraser, 2004, 2007, de Souza, 2006). Cette communication exposera les éléments de construction d’un corpus théorique répondant au premier besoin exprimé des AVSEC.

Résumé du colloque

Depuis près d’une vingtaine d’années, quelques pays ont choisi d’offrir une formation culturelle (c’est-à-dire non confessionnelle) aux faits religieux. Offert de façon optionnelle ou obligatoire, ce type d’enseignement culturel du fait religieux se donne notamment en Espagne, dans certains cantons suisses et au Québec. Cet enseignement du phénomène religieux soulève toutes sortes d’enjeux aujourd’hui : la formation des enseignants, leur posture éthique, la prise en compte de la diversité des pratiques et des convictions, la tension entre science et croyances, etc.

Cette formation religieuse non confessionnelle pose en particulier des défis inédits en ce qui concerne la posture des enseignants. Généralement invités à faire preuve de « neutralité », les enseignants se trouvent de facto confrontés à différentes manifestations de croyances en classe qui mettent à l’épreuve au quotidien ce devoir d’objectivité et d’impartialité. En outre, les enseignants sont eux-mêmes porteurs de diverses convictions dont ils doivent limiter l’effet sur leur enseignement.

Les enseignants sont aussi interpellés par les croyances plurielles des enfants ou de leurs parents, notamment celles qu’on peut qualifier de « fondamentalistes » ou « radicales »; ces croyances peuvent d’ailleurs être religieuses ou non (ex. : négation de divers savoirs scientifiques au profit d’une conception religieuse, promotion d’une idéologie xénophobe, homophobe ou complotiste, etc.).

Cette « neutralité » peut aussi être mise en question sous d’autres angles par la quête spirituelle d’élèves, laquelle est susceptible de déstabiliser l’enseignant « neutre » de culture religieuse. Pourtant, de nombreux systèmes éducatifs reconnaissent la nécessité de favoriser le développement spirituel des élèves. Alors, dans quelle mesure une école laïque peut-elle encourager le développement spirituel de ses élèves? Et quel est ou devrait être le rôle des enseignants de culture religieuse dans ce développement?

Contexte

section icon Thème du congrès 2018 (86e édition) :
Célébrer la pensée libre
manager icon Responsables :
Jacques Cherblanc
section icon Date : 9 mai 2018

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